CHAPITRE IX
Si on vient à exercer une traction sur le bout libre de la corde, celle-ci, en se serrant, s'approche du moyeu jusqu'au moment où la puissance vive de la roue l'entraîne et provoque son rétrécissement, qui amène le serrage des patins contre le bandage de la roue.
L'action du frein est d'autant plus énergique que la puissance vive de la roue est plus grande, en sorte que le serrage peut aboutir rapidement au calage.
L'effet maximum est atteint et maintenu tant que la corde reste sous l'effort primitivement exercé.
Le frein sur le moyeu est le seul qui doive être employé avec les bandages de roue en caoutchouc, quels qu'ils soient.
Frein Gambaro, — Ce frein est à enroulement mécanique sans patins. Il offre sur les freins analogues un grand nombre d'avantages résidant dans sa simplicité, la solidité de ses organes et sa marche dans les deux sens avec une manœuvre unique.
La description en est trop longue pour rentrer dans le cadre de cet ouvrage. J'ajouterai seulement, à titre de curiosité, que le frein Gambaro, disposé pour serrer dans un seul sens, a été installé sur un avant-train, comme frein manœuvré par le cheval seul. Un ressort à boudin serre le frein, et un levier de renvoi, fixé au trait du cheval, l'ouvre.
Quand le cheval tire, le frein est ouvert, quand le cheval s'arrête, le frein se serre de lui-même, par le ressort. — En exerçant un effort différentiel, le cheval peut modérer le frein automatiquement.
Ces quelques mots indiquent les avantages pouvant résulter de l'emploi de ce système, en particulier dans le
cas de voitures-tramways sans brancards en flèches. Le frein est indépendant du cocher et modérable par le cheval (i).
. Il résulte de ceci que, si le frein à enroulement mû par une pédale est le plus puissant, le frein à manivelle ou à volant le plus lent, c'est le frein à levier avec sabots en caoutchouc qui est le plus pratique. C'est aussi l'avis de Howlett :
« La meilleure sorte de mécanique pour enrayer les
roues, dit-il, est celle que l'on porte en avant dans sa crémaillère. De cette façon, plus la pression devient pénible, plus la position dans laquelle vous vous trouvez vous permet d'employer toute votre force.
« Celle que vous tirez à vous est le contraire, car plus la tension de la mécanique devient pénible, plus la position dans laquelle vous vous trouvez vous empêche d'employer toute votre force. Quand vous poussez la méca-
(:) D'après C. Calmette, ingénieur des arts et manufactures.