Droit canon
Le présent ouvrage contient, outre le droit ecclésiastique catholique, le droit ecclésiastique protestant. Notre dessein était tout à la fois de satisfaire aux nécessités académiques des universités allemandes et de mettre en regard des principes du droit catholique les déviations et les divergences du protestantisme, afin de montrer comment on a essayé, de nos jours surtout, d'imposer à l'Église catholique les principes du droit ecclésiastique protestant.
L'histoire des sources primitives, qui occupe à tort un si vaste espace dans une foule de manuels du droit ecclésiastique, je l'ai exposée avec des détails suffisants, surtout en ce qui regarde la science contemporaine, tout en visant à la brièveté et à la concision. J'ai fait de même pour la situation ecclésiastique et politique du moyen âge, parce qu'elle est longuement exposée dans l'histoire de l'Église et dans l'histoire du droit allemand. Je me suis au contraire appesanti sur les affaires politiques et religieuses de chaque pays, depuis le commencement de ce siècle jusqu'au temps présent, et je les ai exposées d'après les documents. J'ai tracé pour la première fois un tableau d'ensemble qui offre dans les détails quantité de choses nouvelles.
J'ai donné au concile du Vatican une place beau-
Vi DROir CAISON.
coup plus large qu'on ne Ta fait nulle part ailleurs. J'ai cité à leur place respective les différentes propositions qui y ont été faites, les projets des décrets, ceux-mèmes qui émanent de la commission ecclésiastique politique, et j'en ai reproduit la substance.
Mon principal effort dans cet ouvrage a été de satisfaire aux nécessités pratiques du temps présent. Les questions purement historiques n'ont été traitées qu'autant qu'elles offraient un intérêt particulier et qu'elles conservaient cet intérêt dans l'époque actuelle. J'ai voué im soin spécial aux questions de droit ecclésiastique qui ont une valeur pratique et qui préoccupent nos contemporains. De là une foule de particularités qu'on ne rencontre point dans les ouvrages de droit ecclésiastique, tels que la doctrine du serment prêté à la constitution de l'État, la dissimulation de la nullité d'un mariage, etc.
Sans parler de la nécessité d'avoir une vue d'ensemble sur la situation politique et religieuse de notre époque, — que j'ai autant que possible séparée de la partie générale du droit canon, — j'ai donné dans le texte, sous une forme concise, un aperçu rapide de ce qui doit être appris, en complétant dans les notes ce qui m'a paru mériter de plus larges développements.
Il entrait dans le plan de la BihUotlièque tliéolo- (jiqiie, dont ce traité devait faire partie, de ne pas accumuler les indications d'ouvrages sans nécessité. Je n'ai donné la liste complète des documents à consulter que loi'sque le sujet demandait que les opinions adverses fussent exactement confrontées , lorsqu'il était nécessaire d'indiquer la source d'un renseignement et de déduire la preuve d'une assertion. Quand il suffisait d'un aperçu général des ouvrages, je me
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suis borné à indiquer les livres de choix qui pouvaient servir à ce dessein.
La publication de la dernière livraison a été malheureusement retardée, soit par d'autres travaux pressants (la préparation de la quatrième édition de mon droit privé romain, celle de l'édition latine ùm Droit ecclésiastique de Phillips, etc.), soit par ma translation de Heidelberg, centre de mon enseignement et de mes travaux^ sur les frontières lointaines de l'Orient, à l'université de Gzernowitz , récemment fondée par François-Joseph, empereur d'Autriche.
Afin de maintenir autant que possible mon travail cui courant des événements qui se sont accomplis jusqu'au temps présent, j'y ai inséré pour la Prusse un carton où les faits politiques et religieux sont consignés jusqu'à l'automne de 1876 '. J'ai ajouté de plus, à la fin du volume et avant la table alphabétique, près de sept pages d'additions et de rectifications, dont la substance se trouve indiquée dans la tablée
Je dois quantité de rectifications à l'obligeance d'amis connus et inconnus qui me les ont fait parvenir soit dans les feuilles publiques, soit dans des lettres particulières.
Sans parler d'une foule de lettres privées qui m'ont encouragé dans mon travail, d'une vingtaine d'articles élogieux publiés dans tes journaux et les revues sur la première et la seconde livraison, j'ai reçu de deux critiques des observations très-vives contre la première livraison de mon Droit ecclésiastique. Le premier, qui
^ Six nouvelles pages allemandes, dont les quatre dernières sont marquées il8 a-d, remplacent les anciennes pages 117 et 118. — Le traducteur en a tenu compte.
* Nous avons reporté ces additions à leur place respective.
(Noie du (rad.)
vm DROIT CAiNOiN.
m'était jusque-là entièrement inconnu, Philippe Zorn, qui paraît être un jeune homme, m'a attaqué dans la KriUsche Uherschau de Munich, 1874, livraison 4, p. 38^1 et suiv., et dans V Allgemei7ie Zeitung, 1874, n° 303, supplém. Le second, semblable au premier pour la forme et T expression, le D'' Hinschius, professeur à Berlin, s'est donné carrière dans la Literatur ZeitvAig de léna, 1874, n. 51 '.
^ M. Philii^pe Zorii, après des éloges décernés à Dove pour son édition du Droit ecclésiastique de Richter, exhale ainsi sa colère (Zorn) : « Le livre de Vering est une œuvre de parti, conçue dans l'esprit ultramontain le plus accentué ; il se distingue sous ce rapport d'une façon trèsremarquable des ouvrages de Phillips et de Walter sur le droit ecclésiastique, bien que ceux-ci fussent placés au même point de vue ecclésiastique et politique que Vering. Le livre de cet auteur fait partie d'une Bibliothèque théologique à laquelle collaborent Ilettinger, Hergenroether, Alzog, etc. Ces noms seuls indiquent suftisam-ment la tendance de toute cette entreprise. Cet ouvrage, en tant qu'il traite des affaires politiques et religieuses, est un pamphlet politique, tiré en grande partie des journaux de Berlin, la Germania et la Gazette de la Croix (voy. par exemple p. H6, no 4). — Il suffit de rappeler à la marge d'un journal savant que la science est souverainement ravalée par la forme et le fond d'un livre tel que celui de Vering, » etc.
M. Zorn ne paraît pas avoir lu la Germania et la Gazette de la Croix, autrement il n'y supposerait pas des choses qui n'y ont jamais été et que l'auteur n'a pu leur emprunter (comme l'endroit cité, p. 116, note 4).
Quant au professeur Hinschius, après avoir énuméré tout ce que devront contenir les livraisons subséquentes, aujourd'hui publiées, il désapprouve l'exposé de la situation politique et religieuse du temps présent, et le point de vue (catholique) où s'est placé l'auteur. Il lui reproche, dans les paragraphes relatifs à la Prusse et à Bade, d'avoir dressé un catalogue des péchés de ces gouvernements (nous pourrions dire, en ce qui regarde la Prusse, le catalogue des péchés de Hinschius), puis de s'être servi des Archives de Moy, rédigées par Vering lui-même depuis le VP jusqu'au XVP vol., comme de matériaux et de compléments pour son Manuel du droit ecclésiastique, notamment dans l'exposé des affaires politiques et religieuses, et, quand les sources lui manquaient pour le droit ecclésiastique politique, d'avoir cité avec prédilection la Germania, ainsi que d'aut.'es feuilles ultramontaines, et la Gazette de la Croix, d'avoir même reproduit en partie des articles de cette dernière (il ne l'a fait qu'une seule fois, pour blâmer les lois prussiennes de mai). « Le premier effet de cet ouvrage, ajoute Hinschius, sera d'inspirer au jeune clergé catholique des dispositions hostiles contre les exigences des lois de l'État, fournir des armes aux journalistes, et aux membres ultramontains du centre un vade mecum pour leurs travaux politiques et religieux. »