‹ Droit des gens à Rome: Droit françaisChapitre 25 sur 93 · SANTE · texte numérisé non relu

SANTE

ita rogavit : « Rex, facisne me tu regium nuntium Populi Romani Quiritium? Vasa comitesque meos? » Rex respondit : « Quod sine fraude mea, Populique Romani Quiritium fiat, facio ».

Nous avons vu plus haut ce que c'était que l'herbe sacrée (1). Le caducée, sorte de sceptre entourée de serpents entortillés, était un signe de paix. Pline nous en explique le sens (2) : « Angues innumeri..….. artifici complexu glomerantur. Anguinum adpellatur.... Hic tamen complexus anguiumetesseratorumconcordia,causavideturesse, quare exteræ gentes caduceum in pacis argumentum, cireumdata effigie anguium fecerint». Au témoignage d’Aulu-Gelle (3), on donna aux Carthaginois le choix entre la paix et la guerre en leur envoyant une lance et un caducée: « Quo Q. Fabius Imperator romanus, dedit ad Carthagenienses epistolam, ubi scriptum fuit, Populum Romanum misisse ad eos hastam et caduceum signa duo belli aut pacis ».

Enfin les Fétiaux emportaient avec eux les vases sacrés et un cailloux de silex pris dans le temple de Jupiter. C’est sur cette pierre que les serments étaient échangés et c’est elle qui servait à frapper la victime. Sous l’égide de Jupiter était placé le traité et c’est ce qui explique que ce dieu reçut à la fois le nom de Jupiter Lapis et de Jupi-

(1) V. supra, p. 30.

(2) Hist. nat. XXIX, 8.

(3) Nuits attiques X, 27.

Re users

ter Feretrius, de Jupiter Fidius et de Jupiter Ultor.

Quand le pater patratus avait énoncé les clauses du traité, il prononçait les imprécations suivantes: « Audi, Jupiter, audi Pater Patratus populi Albani; audi, tu, Popule albane; ut illa palam, prima, postrema, ex illis tabulis cerave recitata sunt sine dolo malo, utique ea hic hodie rectissime intellecta sunt, illis legibus Populus Romanus prior non deficiet. Si prior defecit publico consilio, dolo malo: tu illo die, Jupiter, Populum Romanum, sic ferito, ut ego hunc poreum hic hodie feriam ; tantoque magis ferito, quantoque magis potes pollesque ». Et en disant ces mots, le pater patratus frappait la victime avec le caillou sacré. De là viendrait d’après Festus le terme fœdus ferire (1).

La victime employée était le plus souvent un porc. Cependant dans le traité passé avec Gabies on se servit d’un bœuf (2).

C'était, du reste, un usage général dans l’antiquité d'offrir une victime aux dieux dans les circonstances solennelles. « Les autres peuples », dit M. de Valois (3), «ontaussi leurs cérémonies particulières dans leurs traités, de même que les Romains, quelques-uns après avoir sacrifié un pourceau, un bélier ou un taureau, coupaient une

(1) Tite-Live I, 24. — Cf. Montesquieu. Polit. des Rom. (2) Denys d'Halic. IV. 58.

(3) Dissertation sur les Amphictions, p. 84.

Page 1