‹ Droit des gensChapitre 110 sur 143 · Conf. de Paris, II · texte numérisé non relu

Conf. de Paris, II

plus pénibles sur le sort des disparus, de plonger leurs amis dans un doute qui se prolonge indéfiniment et que les recherches les plus actives ne parviennent pas à dissiper. Rien de plus poignant que la douleur de ces parents, de ces veuves, de ces orphelins cherchant en vain la trace de ceux qu'ils pleurent; ils seraient, semble-t-il, à demi consolés, si on leur indiquait seulement la place où ils ont succombé, s'ils pouvaient déposer un souvenir sur leur tombe ou avoir tout au moins l'assurance que les derniers devoirs leur ont été rendus.

Ce mal a atteint des proportions insolites dans la guerre de 1866. D'après un tableau officiel, dressé à la fin de mars 1867, c'est-à-dire huit mois après les derniers combats, le nombre des disparus, pour l'armée autrichienne, s'élevait encore à 8^^ officiers et 12 277 sous-officiers et soldats, soit en tout 12 361 hommes; c'était plus du tiers des morts vérifiés. A combien de perplexités ne dut pas correspondre un pareil chiffre ! Comment calculer aussi les suites légales et la perturbation dans les intérêts sociaux engendrés par une aussi énorme lacune dans les registres de l'état civil ! Le Gouvernement impérial s'en émut et le ministre de la guerre, dans une longue lettre, lue à la Confé-

rence de Paris par M. le docteur Mimdy', recommanda très-fortement aux Sociétés de secours d'émettre le vœu que l'on s'entendît pour tarir la source de cette incurie, qui aggrave les maux de la guerre sans profit pour personne'.

En cherchant le moyçn d'atteindre ce hut, on se convainquit que la faute dont on se plaignait était moins imputable à ceux qui procèdent aux inhumations et qui, en général, relèvent sur leurs listes les indications qu'ils peuvent recueillir, qu'à ceux qui oublient de munir les soldats d'un signe propre à les faire reconnaître individuellement. Ce fut donc sur ce point que l'on insista et, dans la discussion, on examina divers systèmes proposés à cet effet : le livret suspendu au cou et renfermé dans une em-eloppe imperméable, le médaillon métallique, la rondelle de parchemin pendant également sur la poitrine, le numéro matricule inscrit sur toutes les parties de l'équipement, etc. On se prononça aussi en faveur de l'uniformité de ce signe dans toutes les armées, afin que l'on sût toujours comment s'y prendre pour constater l'identité

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