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Confér. de l^aris, II, 90 et

COMPLÉiMENT DE LA CONVENTION. 279

Ainsi l'on a raconté que des vivants avaient été confondus avec les morts et jetés pêle-mêle ' dans la fosse commune. Il serait peut-être difficile de fournir la preuve de ce fait, car les malheureux dont on parle ne sont pas revenus pour le raconter, mais on peut le considérer comme vraisemblable, par suite de la précipitation avec laquelle on opère ordinairement. Sans se méfier assez des dehors trompeurs, tous les individus qui paraissent morts sont ordinairement traités comme tels, et pourtant on peut admettre qu'un certain nombre d'entre eux pourraient être rappelés à la vie, si l'on prenait la peine de le tenter. Il est donc de la plus haute importance de ne pas enterrer les corps .avant que le décès ait été régulièrement constaté.

Cela touche directement, comme on le voit, à la question des blessés ; mais on peut invoquer encore d'autres motifs en faveur de l'observation des prescriptions sanitaires ; la salubrité générale du pays, par exemple. Les procédés d'inhumation sont d'ordinaire beaucoup trop expéditifs ; on ne se donne pas toujours la peine de creuser des fosses assez profondes ni de les désinfecter.

Le docteur Vix recommande expressément.

comme une chose trop généralement négligée, la recherche de places, pour la sépulture à donner aux morts, loin des endroits oii sont établies les ambulances, et les mesures à prendre pour empêcher les maladies contagieuses de se répandre parmi les blessés et les malades\

Quant à la constatation de l'identité, c'est une formalité parfois difficile à remplir et souvent supprimée. Elle n'en a pas moins une portée considérable, non pas il est vrai pour les blessés dont elle n'améliore pas la condition, mais pour les familles de ceux dont les cadavres sont restés au pouvoir de l'ennemi. Dans les états de personnel dressés pendant ou après une campagne figurent toujours, sous la qualification de disparus, un certain nombre de soldats qui ont en effet disparu sans que l'on puisse savoir ce qu'ils sont devenus. Peut-être y a-t-il eu parmi eux quelques déserteurs, mais il est hors de doute que ce sont, pour la plupart, des hommes tués sur le champ de bataille ou morts chez l'ennemi, et que l'on a enterrés d'urgence sans enregistrer leur décès ^

La conséquence inévitable de cet état de choses est de laisser planer une incertitude des

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