‹ Droit des gensChapitre 112 sur 143 · Confér. de Genève 1868. 19 et · texte numérisé non relu

Confér. de Genève 1868. 19 et

muniquer réciproquement la liste nominative des blessés et des morts ennemis qui sont tombés entre leurs mains, on l'aurait compris s'ils en avaient eu la possibilité, mais , pour le moment, comment s'y astreindraient-ils ? Il faut que ces mômes Etats commencent par adopter, pour l'usage de leurs armées, un signe, uniforme ou non (ce point est secondaire), mais facile à retrouver, d'après lequel on puisse toujours savoir qui est celui qui le porte. C'est un problème que chaque peuple en particulier doit chercher à résoudre dans son propre intérêt*. Le stimulant d'une obligation internationale n'en avancerait point la solution et d'ailleurs ne se justifierait pas. C'est ce qui explique pourquoi la Conférence de Genève a laissé complètement de côté les stipulations relatives au signe lui-même et s'est bornée à demander, « que l identité des morts soit constatée autant que possible. » Puis s'appropriant, avec quelques variantes, une des phrases votées à Paris, elle a déclaré, mais sans en faire une obligation stricte, que, dans son opinion, « les puissances belligérantes doivent se communiquer réciproquement, aussitôt que les circonstances le permettent,

], Conf. de Paris. Il, 135,

la liste nominative des morts et des blessés ennemis tombés entre leurs mains \ »

Comme l'a fait remarquer judicieusement M. Vergé, « il ne suffit pas que les principes du droit des gens soient posés, qu'ils soient exposés avec toutes leurs conséquences dans de volumineux traités à l'usage des diplomates et des juristes, il faut qu'ils soient répandus, vul-' fijarisés^ «

Or c'est sur cette vérité que nous désirons insister ici, en ce qui concerne la Convention de Genève. Jusqu'à présent cette Convention n'a fait l'objet d'aucun des ouvrages dont parle M. Vergé, et si nous avons essayé de combler cette lacune, c'est que logiquement il fallait commencer par là et tâcher de bien asseoir la doctrine avant de la répandre; on ne vulgarise que ce qui était antérieurement le privilège d'un petit nombre d'initiés. Il fallaif bien que ceux qui voudraient enseigner à d'autres les lois de la guerre, d'après la Convention, et en

Page 1