‹ Droit des gensChapitre 113 sur 143 · Vergé, Introd. à Martens, XVI · texte numérisé non relu

Vergé, Introd. à Martens, XVI

divulguer les préceptes, connussent d'elle autre chose que son texte. C'est pourquoi nous avons cherché à réunir pour eux les éléments d'un enseignement indispensable.

Cet enseignement devra revêtir des formes différentes suivant les catégories d'individus auxquelles il s'adressera, c'est-à-dire selon qu'il s'agira des officiers, des soldats ou des personnes qui ne font pas partie de l'armée. Les officiers (et sous cette dénomination nous comprenons aussi bien les officiers d'administration et ceux du personnel sanitaire que les combattants), les officiers, disons-nous, doivent être les premiers instruits, soit à cause de la responsabilité qui pèse sur eux, soit afin qu'ils puissent prêcher d'exemple* et inculquer à leurs subordonnés les principes dont ils auront été imbus. C'est dans les écoles militaires que ces leçons doivent trouver place, à côté de celles que les élèves y reçoivent déjà sur les droits et les devoirs spéciaux à leur profession; puis de là elles passeront naturellement dans les manuels, destinés à rappeler en tout temps aux officiers les choses qui leur ont été une fois enseignées.

]. VAmcc frai çoife en 1867. 4'= édit. 116.

Pour les soldats, il n'est pas moins essentiel de prendre des mesures efficaces, car c'est d'eux surtout, qui sont à la fois moins bien préparés par leur éducation antérieure aux égards dus à leurs semblables , et acteurs immédiats dans le drame de la guerre, que l'on peut craindre une violation de la Convention. Ce sont eux qui ont le plus besoin d'être façonnés aux mœurs nouvelles. Personne ne le conteste et nous pourrions nous borner à énoncer cet axiome sans nous y arrêter ; mais, afin qu'on ne se contente pas de l'accepter en théorie sans remplir les devoirs qui en découlent, nous désirons montrer, par quelques citations, combien cette éducation est vivement réclamée de toute part comme une des nécessités de notre temps.

Le professeur Langenbeck, après avoir parlé de faits regrettables qui se sont passés en 1 849, dans le Schleswig, ajoute : « Ces faits peuvent se renouveler dans toutes les guerres. Il faut donc les empêcher et, pour cela^ il faut faire entrer dans l'esprit du soldat l'esprit de la Convention de Genève. Il faut que chaque soldat sache qu'il ne doit faire prisonnier ni un médecin ni un blessé.... Il faut que ces principes entrent dans l'éducation ordinaire du soldat'. » 1. Confér. de Paris, II, 112.

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N'ti-t-on pas vu encore en 186G et en dépit de la Convention^ un soldat hessois du service de santé recevoir à Frohnliofen un coup de feu, à dix pas, d'un soldat prussien, quoiqu'il l'eLil prévenu en lui criant qui il était et lui eût montré son brassard'!

Le docteur Landa se félicite de ce que « l'ennemi cesse de l ôtre dès qu'il est désarmé ou inoffensif, soit qu'il ait été blessé, soit qu'il se rende de gré ou de force. Mais, dit-il, il faut inculquer cette idée auK troupes, parce qu'il n'y a rien de si déshonorant que de trouver sur le champ de bataille des cadavres criblés de coups de baïonnettes, preuve irréfragable de la férocité avec laquelle on les a tués, après qu'une première blessure les eut fait tomber ^ »

En France nous relèverons l'opinion du général Trochu, qui se fonde sur ce que « en campagne le soldat détruit pour détruire, comme font les enfants, s'il n'a pas reçu préalablement une forte éducation spéciale, commencée dans la paix, continuée dans la guerre ^

La nature des soldats français, dit-il, « peut se plier, quand on sait l'y contraindre par l'é-

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