‹ Droit des gensChapitre 139 sur 143 · Landa. ouvrage cité, 93 à · texte numérisé non relu

Landa. ouvrage cité, 93 à

APPENDICE. 345 moclès restera toujours suspendue sur la tête des malheureux prisonniers.

Il faut reconnaître néanmoins que, sous l'influence des idées modernes, de grands progrès ont été accomplis. Vattel se félicitait déjà de ce que de son temps (vers 1 780) « les nations de l'Europe, toujours louables dans le soin qu'elles prennent d'adoucir les maux de la guerre, avaient introduit à l'égard des prisonniers des usages humains et salutaires'. » On a cessé de les maltraiter; si on les fait travailler, ce n'est plus comme des esclaves ou des criminels, mais afin de trouver dans le produit de leur travail une indemnité pour les frais qu'ils occasionnent; leur caj^tivité cesse de droit avec la guerre, sans échange ni rançon : les officiers sont ordinairement laissés libres sur parole dans l'enceinte de la ville qui leur est assignée pour résidence; on a pour tous, sans distinction, les égards qui sont dus au malheur, et, quand cela est nécessaire, la charité privée leur vient en aide. On se rappelle, par exemple, tout ce qu'a fait le prince Demidoff pendant la guerre de Crimée, pour faciliter aux prisonniers des deux partis la correspon-

dunce avec leurs familles'. A Santiago, en 1 8G5, on pourvut par une souscription publique, aux besoins de cent vingUrois marins espagnols faits prisonniers par une corvette cllilienne^ Dans la guerre du Sclileswig, en 1864, les prisonniers internés à Copenhague furent traités avec tous les ménagements désirables; ils étaient bien logés, bien nourris ; ils avaient chaque jour deux heures de j^romenade sur les remparts de la citadelle, et pouvaient écrire à leurs parents. Un témoin oculaire, impartial et désintéressé, affirme qu'ils étaient tous gais et contents \

Il en a été de même aux États-Unis pendant la triste et grande guerre de la sécession, au moins dans les États du Nord. Les prisonniers y étaient traités avec tous les égards et les ménagements que l'on était en droit d'attendre d'un peuple humain et chrétien. On veillait à leur entretien avec une minutieuse sollicitude, et des mesures sévères étaient prises pour qu'ils ne manquassent de rien. Comme ceux de Copenhague, non-seulement ils ne se plaignaient pas, mais encore la gaieté régnait par-

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