‹ Droit des gensChapitre 18 sur 143 · Voy. pièces justificatives · texte numérisé non relu

Voy. pièces justificatives

criioiniiies compétents et parfaitement qualifiés pour se faire écouter, c'est-à-dire pour la plupart de sommités médicales ou militaires. En outrC;, la moitié de l'assemblée se composait de représentants officiels des divers États de l'Europe.

Les prétentions de la Conférence parurent, au premier abord, inacceptables à plusieurs puissances, et elles soulevèrent quelque opposition, surtout chez les militaires qui crurent y voir mille dangers. Heureusement ces scrupules ne furent pas partagés par ceux à qui il appartenait de décider en dernier ressort et de faire droit aux demandes exprimées ; grâce au bon vouloir de plusieurs souverains, notamment de LL. MM. le roi de Prusse et l'empereur des Français, dix mois ne s'étaient pas écoulés que les desiderata de la Conférence étaient sanctionnés par une convention régulière.

C'était le comité génevois qui, faisant fonction de Comité inler national, avait engagé des négociations à cet effet. Fondé de pouvoirs de la Conférence, il s'était adressé à ses correspondants, en date du 1 5 novembre \ 863, leur demandant de sonder les intentions de leurs gouvernements respectifs, et de tâcher de savoir jusqu'à quel point il leur conviendrait de

régler leurs rapports éventuels, en cas de guerre, sur les principes proposés à leur acceptation. La plupart des réponses furent favorables ; mais une société privée n'était pas compétente pour aller i3lus loin ; c'était à la diplomatie qu'il appartenait de poursuivre l'œuvre commencée. A la suite de divers pourparlers, une invitation fut adressée le 6 juin 1864, par le Conseil fédéral suisse, à tous les États de l'Europe et à quelques-uns de l'Amérique, pour qu'ils voulussent bien envoyer à Genève des plénipotentimres chargés de rédiger l'acte qui devait les engager les uns envers les autres. La France appuya cette démarche de tout le poids de son autorité, en la recommandant au bienveillant accueil des divers cabinets.

Le 8 août de la même année, seize États, représentés par vingt-six délégués, étaient réunis à Genève et se mettaient à l'œuvre sous la présidence de S. Exc. M. le général Dufour, commandant en chef de l'armée suisse.

Dans son discours d'ouverture, l'honorable président exprima sa reconnaissance au gouvernement français pour la part considérable qu il avait prise à cet événement; il le remercia «d'avoir eu la pensée délicate d'en laisser 1 honneur au petit pays au sein duquel la ques-

tion avait été primitivement soulevée, et qui, par sa petitesse môme *et son état de neutre, était peut-être mieux qualifié pour provoquer une semblable réunion * . )>

Cbose bien rare dans un congrès diplomatique, tout le monde était d'accord. Il ne s'agissait, en effet, ni de débattre des intérêts contradictoires, ni de concilier des prétentions opposées, mais de réaliser un progrès dans le droit des gens, par l'adoption solennelle du principe de la neutralité des soldats blessés et de tout le personnel employé à les secourir. Tel était du moins le vœu formulé par la Conférence d'octobre 1863, et qui devait servir de point de départ à celle de 1864.

Quoique dans l'intervalle un grand nombre de gouvernements s'y fussent officieusement ralliés, on pouvait craindre qu'il ne fallût au dernier moment compter et pactiser avec les exigences militaires. Mais ici encore le Comité international a obtenu plus qu'il n'avait es^ péré; les réserves et les exceptions stipulées se réduisent à fort peu de cbose. Nul n'osait se flatter d une telle réussite. Le Comité lui-même se serait contenté d'un simple jalon solidement

établi sur sa ligne d'opérations; mais, gi'âcç au bon vouloir de tous les membres de l'assemblée et aux instructions généreuses qu'ils avaient reçues de leurs gouvernements, ce qui a été fait a dépassé l'attente générale. Le traité a été signé le 22 août 1864*. , Parmi les écrivains qui l'ont critiqué, il en est qui ont reproché aux gouvernements d'avoir agi avec irréflexion et légèreté, d'en avoir fait un jeu humanitaire ^ Ils ont suivi les yeux fermés, a-t-on dit, le mouvement imprimé à Genève, et conclu un pacte qui a, non sans motifs, inquiété les généraux'. On les a accusés de n'avoir signé que « pour faire plaisir à d'autres, ou pour ne pas avoir l'air d'être moins philanthropes qu'eux*. » On a même été jusqu'à déclarer que « personne n'est satisfait de la Gonven • tion;... que pour les uns elle contient trop et pour les autres trop peu \ » Mais ces plaintes ont eu peu d'écho et le nombre des partisans de la Convention n'a pas moins été toujours en croissant. « Le congrès de Genève, dit un auteur

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