Voy. pièces justificatives, G
Comité international, nous pensons n'être que juste envers nos collègues qui ont pris toujours, et chacun, une large part à ses travaux.
Mais revenons.
I Sans parler des imperfections inséparables de tout commencement, l'œuvre était encore incomplète par le fait que les puissances n'avaient pas toutes signé la Convention, et l'on ne pouvait se dissimuler que les gouvernements nonsignataires n'étaient pas tous également bien disposés. Cela tenait pour quelques-uns à une confusion d'idées, provenant de ce que la conférence de 1863, à côté des vœux qu'elle avait formulés pour obtenir la neutralisation désirée, s'était en outre occupée des Comités de secours. Or ces deux sortes de décisions, quoique le Comité international eût pris soin de les distinguer nettement , ne faisaient qu'une seule et môme chose dans la pensée de plusieurs, et il y eut des cabinets qui s'imaginèrent que la Conférence de 1864 devait donner une sanction officielle à l'œuvre des Comités. Comme ils ne voulaient pas en entendre parler, ils s'abstinrent.
On a peine à s'expliquer ce malentendu. Le texte des décisions prises aurait dû suffire à dis-
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siperles préventions. La Convention, telle qu'elle était sortie des mains de ses rédacteurs, était em-î preinte d'un esprit de sagesse et de modération qui devait calmer toutes les craintes et toutes les susceptibilités. Elle se bornait à proclamer de grands principes, que toutes les nations civilisées peuvent et doivent accepter sans hésitation, surtout quand ils ne lient que sous condition de réciprocité.
Il y avait donc des démarches à faire pour décider ceux qui hésitaient encore. Il fallait les éclairer et insister sur la véritable portée de la Convention; il fallait plaider sa cause auprès d'eux, pour amener les retardataires à adhérer après coup, le protocole continuant de rester ouvert en leur faveur.
Le Comité international s'en occupa activement, d'accord avec le Conseil fédéral, dont il secondait officieusement l'action officielle. Les négociations furent lentes ; cependant elles aboutirent. Nous en reparlerons à l'occasion des articles 9 et 10, et nous mentionnerons alors comment des progrès successifs ont fini par réunir les signatures de l'Europe entière.
En attendant, de graves événements étaient survenus. La guerre venait d'éclater; c'était
en 1866, et la Convention fut appelée à faire ses preuves. Des difficultés de diverses sortes résultaient du ûiit que les puissances belligérantes n'avaient pas toutes adhéré; sous ce rapport l'expérience était prématurée et ne pouvait pas être considérée comme décisive ; elle créait en outre, dans certains cas, une situation délicate à ceux qui devaient agir. Ainsi l'Autriche, la Saxe et le Hanovre n'avaient pas encore signé, et l'on se demandait quelle serait la ligne de conduite de la Prusse à leur égard. Mais cette grande puissance déclara généreusement qu'elle traiterait ses ennemis d'après la teneur de la Convention.
Dès avant l'ouverture des hostilités, le roi ordonna, le 23 juin, au commandant en chef de ses troupes en Bohême, d'informer le commandant en chef des troupes autrichiennes que, lors môme que le gouvernement autrichien n'avait point signé la Convention, les troupes prussiennes avaient reçu l'ordre de la mettre en pratique à l'égard des employés des établissements sanitaires ennemis, avec l'espoir qu'il serait usé de réciprocité envers elles. La réponse, datée du 27 juin, fut évasive. Une seconde invitation formulée par le prince royal après ses premières victoires, ne demeura pas
moins infructueuse \ Les conséquences de ce refus de l'Autriche ont été déplorées par ceux qui en ont été témoins, a On ne peut se consoler^ dit le docteur Lœffler^ des souffrances inutiles auxquelles ont été exposés tant de braves soldats pendant cette campagne, parce que la Convention de Genève n'était pas en vigueur, que par l'espérance de voir d'aussi cruels souvenirs contribuer, du moins, à faire enfin apprécier partout à sa juste valeur cette œuvre d'humanité*. »
La position de la Prusse n'était pas la même suivant les corps d'armée qu'elle avait devant elle. En Bohême, par exemple, elle ne rencontrait que des adversaires non contractants. Ailleurs, au contraire, et notamment quand elle se trouva en face du huitième corps, il en fut autrement. Le prince Alexandre de Hesse, qui le commandait, avait prescrit à ses troupes, par son ordre du jour du 9 juillet, d'observer la Convention dans ses rapports avec l'ennemi^, de sorte que, chose bizarre, les Autrichiens qui servaient sous ses ordres durent se conformer