Durkheim. Division du Travail social, livre Il
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tion de la monnaie. Enfin est-il besoin de marquer son action sur la distribution, en notant son influence sur les progrès de la rente des terres et par là sur la puissauce respective des diverses classes sociales ?
b) La distribution interne des éléments sociaur, la répartition de la population en villages et en villes appelle autant l'attention de l’économiste que celle du démographe. Le développement des villes, en rapprochant les hommes et uniformisant les besoins, conditionne la production en grand. D'une façon plus générale les villes appellent les industries : c’est dans les villes qu'elles tendent à se fixer parce qu'elles y trouvent et leur marché immédiat, et les conditions de production les plus favorables. Roscher, et à sa suite M. Marshall ont noté comment la concentration de l'industrie dans les villes accélère les progrès techniques, suscite les inventions et développe ainsi sa productivité. En particulier, les industries de luxe sont liées aux villes plus que toutes autres ; car c'est par la vie en commun dans les villes que le luxe se développe et que se forment les habiletés techniques que nécessite sa satisfaction.
Les villes ne se contentent pas d'appeler les industries : elles les organisent mieux qu'ailleurs. Nous avons noté déjà, avec Xénophon et avec Petty, comment le développement des spécialisa -
üons professionnelles est corrélatif au développement des centres urbains ; mais elles réagissent aussi, comme Smith (1) l’avait vu, sur l'organisation de la production agricole. C’est par elles que s'introduit la culture intensive; c’est dans leur voisinage que se développent les petites propriétés el les petites exploitations. — Elles marquent aussi les points où les centres d'échange sont nécessités à se fixer (2), où la vie commerciale atteint son maximum d'intensilé, Elles ne sont même pas indifférentes au système de la distribution : la concentration des populations urbaines fait croitre les rentes, mais elle tend aussi à la hausse des salaires en favorisant l'organisation des ouvriers, en élevant le niveau de la vie et par suite le coût de la vie. C’est avec elles enfin, comme le notait Steuart (3), que peut seulement se développer un système achevé d'impôts ; car c'est seulement avec elles que se substitue, à la production pour le besoin, la production pour la vente, et que se constituent par là des revenus susceptibles d’être frappés.