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Starcke. La Famille primitive, p

femme, c'est qu'il a besoin d'elle aux champs et à la maison; et inversement il lui assure une partie de sa subsistance. Ces premières unions étaient monogames puisque, en raison de la limitation des ressources, on n'avait pas de motif économique de désirer plusieurs femmes. M. Hildebrand (1) pense de même que le mariage par achat, impliquant que la femme est devenue une richesse, n’est possible que lorsque celle-ci joue un certain rôle économique, notamment dans les sociétés à activité pastorale. La polyandrie ne serait qu'une conséquence de ce caractère économique du mariage ; des hommes trop pauvres pour s'acheter chacun une femme devant s'associer pour en acquérir une en commun.

L'organisation même de la famille ainsi constituée doit dépendre dès lors d'influences semblables. C'est ce que M. Grosse, dans un livre célèbre (2), a voulu montrer. Selon lui, c'est la nature de l'activité économique qui commande la forme de la famille, dont le caractère dominant serait la position respective du mari et de la femme. Chez les chasseurs inférieurs, où c'est l’homme qui remplit le rôle économique essentiel,

1. Riecht und Sitte auf den primitiveren wirtschaftlichen Kulturstufen, 1896 (2° édit., 1890).

2. Die Formen der Familie und die Formen der Wirtschaft, 1805.

la femme se bornant à la cueillette des racines, l'homme domine complètement la femme. Cette domination est déjà moindre chez les chasseurs supérieurs, où la femme joue un certain rôle à la maison. Chez les peuples pasteurs se développe aussi un patriarcat extrême; car l'élevage, sorti de la chasse, y est l’œuvre de l’homme; le bétail y est sa propriété exclusive; et de plus la guerre prend, dans ces sociétés, un très grand développement. Mais l'agriculture apporte la revanche de la femme ; car c’est à elle d'ordinaire qu'échoit cette tâche ; c'est chez les peuples agriculteurs que se développe une famille maternelle et même matriarcale. Ainsi, c’est l’état de la division du travail entre les sexes qui détermine la forme de la famille. M. Cunow (1) soutient des thèses un peu différentes ; il croit que, l'importance de la femme augmentant en raison de la part qu'elle prend au travail économique, c'est dans les sociétés les plus inférieures que sa situation vis-à-vis de l’homme tend à être la meilleure. C’est pourquoi l’agriculture, en portant au maximum la valeur productive de la femme, installe la famille maternelle. Les produits de l’agriculture étant plus cerlains et plus stables que ceux de la chasse, la femme passe

1. Les bases économiques du matriarcat (Devenir Social, 1898).

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ainsi au premier plan, elle devient pour sa famille un bien appréciable et l’homme est même souvent obligé de venir habiter avec elle dans sa famille d'origine. Pour M. Mazzarella (1), enfin, le « matriarcat dépend de conditions économiques plus complexes : ressources économiques relativement illimitées, et nécessité de mettre en œuvre une grande somme de travail pour les utiliser et les conserver, en raison notamment de l'imperfection de a lechnique ; d’où résulte encore l'extrème importance sociale du travail féminin.

D’autres caractères de l’organisation familiale ont été rattachés aux conditions économiques ; c'est notamment la position relative des groupes d'âge. On a observé que la rareté des subsistances tend à développer le meurtre des vieux parents. Mais c’est surtout l'école de Le Play qui a insisté sur cet aspect des choses (2). On y distingue deux types de famille : la formation communautaire et la formation particulariste.La première de ces formations comprend trois degrés. Le type stable, où le communisme familial est à son maximum, se développerait dans les steppes, les déserts et les oasis avec la vie pastorale. Le type instable est corrélatif

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1. Les Types sociaux et le Droit, 1908, p. 282-283. 2. V. Demolins. La Classification sociale, 1905.

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