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au développement de la chasse (1) et de la pêche, industries dont le résultat est aléatoire et qui, par suite, donnent aux jeunes gens plus d'importance. Enfin le type ébranlé apparaît lorsque l’agriculture devient le mode d'activité prédominant. La formalion particulariste, qui comprend aussi trois sousgroupes, se constitue d'abord sur les rivages inaritimes, là où la grande pêche nécessite la vie isolée et rend impossible la communauté familiale; puis elle se développe dans les riches plaines où l'individu peut facilement se suffire à lui-même. Ainsi, à chaque genre de « travail » correspond un lype familial el, par contre-coup, un type social. Toutes ces théories sont d’ailleurs très loin d’être à l'abri de toute critique.
A côté du droit domestique, les droits réels constituent la partie importante du droit civil. Comme ceux-ci ont directement pour objet les biens économiques, ils ne sauraient manquer de dépendre étroitement de l’état de l’économie. Une certaine densité et une certaine concentration de la population est nécessaire pour qu'apparaissent des institutions comme la mitoyennelé, — qui n existait pas dans l’ancienne Rome où les maisons étaient isolées — et les servitudes, qui impliquent
1. Cf. sur ces influences de la chasse : De Préville. Les Sociétés africaines, 1894, p. 177-184.
Maunier J
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le voisinage. Inversement, la dissémination de la population accélère le développement de la propriété individuelle. Le régime de la propriété dépend aussi de l’organisation de la production, et en particulier des systèmes de culture : la propriété commune est liée à la culture en commun : possession collective et travail collectif vont de pair (1). C'est avec la division du travail que se développe la propriété individuelle ; la spécialisation impliquant l'usage exclusif de certaines choses par certains individus différencie de la propriété commune les propriétés spéciales (2). VI. — Reste enfin le droit public (3). La nature de la production influe sur ses caractères généraux : l’agriculture, comme l'observait déjà Roscher, est moins favorable que l'industrie à une organisation politique libérale : « La condition de la première, rigoureusement dépendante de la nature, habitue à une obéissance aveugle dans les relations humaines aussi » (4). L'état de la
1. V. sur ce lien Kovalewsky. Tableau des Origines de la Famille et de la Propriété, 1859.
2. Westermarck. Origin and developpement of the moral ideas, I, 41.
3. V. en général Mellusi. La funzione economica nella vita politica, 1895.
4. Economie politique rurale, p. 61-63. — V. déjà sur ces conséquences politiques de l'industrie : Dunoyer. L’industrie et la Morale dans leurs Rapports avec la Liberté,
division du travail commande la composition de l'organisme politique : selon M. Bentley, les groupes et partis politiques ne seraient que l'expression de « groupes sous-jacents » qui sont des groupements professionnels et économiques : la vie politique se réduirait à une lutte d'intérèts économiques entre groupes sociaux (1). Lorsque s'annonce une révolution, nous dit M. Bauer (2), le parti révolutionnaire n’est qu’un groupe de professions qui sont en état de crise : un trouble apporté dans une fonction sociale, voilà la cause motrice du mouvement révolutionnaire. Les sou bresauts de l’évolution politique ne feraient ainsi que marquer les temps particulièrement forts du rythme de la vie économique.
VII — Que dire enfin des répercussions qu’exerce la vie économique sur les mœurs ? Elle influence à la fois les notions et les pratiques morales. Les sentiments d’altruisme sont d’autant plus développés, que l’agrégat social est plus cohérent et plus concentré ; la vie de cueillette et de chasse favorise l'isolement des familles et
1825. — Michel Chevalier. Cours d'Economie politique, 1, p. 13 sqq. — Cf. pourle commerce: Thaller. De la Place du Commerce dans l'Histoire générale, 1892, p. 45-48.
1. The process of government, 1908, 2° partie, ch.VII, XIVSENNT-