‹ Droit et Economie PolitiqueChapitre 63 sur 93 · Arbeit und Rhythmus, 4° édit., p. 356 et suiv · texte numérisé non relu

Arbeit und Rhythmus, 4° édit., p. 356 et suiv

tat, mais seulement ceux dont le rythme est réqulier et nécessaire, c'est-à-dire les /ravaux ; dans les jeux de mouvement, comme les danses, le rythme est libre et fixé arbitrairement par l'homme ; dans le travail au contraire, le rythme est une nécessité technique, objective. Ainsi le rythme poétique n’est pas né, comme le rythme de la danse, du plaisir que produit le rythme : il s'est imposé à l’homme comme le moyen de régler ses travaux. Il faut ajouter, selon nous, que le langage, par son action magique, est censé augmenter l'efficacité du travail ; or, la puissance magique des mots s’amplifie, à ce qu’on croit, par la répétition. Nous retrouverons ces influences à propos de la poésie et de la musique, mais comme la langue primitive est une poésie et une musique, elle les subit au même degré.

Le langage apparait ainsi dans l'ensemble comme beaucoup plus déterminé par l'économie qu'il ne la détermine. Les liens entre ces deux genres de faits sont réciproques comme ceux entre le droit et l'économie : mais cette réciprocité semble être ici plus imparfaite. La raison en est, pensons-nous, assez simple. Le droit n a pas, comme on l’a prétendu, un caractère purement formel; c'est-à-dire

quil n'a pas seulement pour objet de définir et de régler des activités dont le contenu même serait indépendant delui, et sur lesquelles il serait « sans aucune puissance créatrice propre » (1) ; par cela seul qu’il les rend obligatoires et qu'illes sanctionne, il imite le développement des activités différentes; il gène la variation sociale ; il oriente en un sens défini la conduite collective et la maintient telle. Au contraire, le langage est quelque chose de presque uniquement formel : sa fonction n’est pas de régler les notions et les actes, mais de les exprimer. Le droit a pour rôle de commander à l’aclion : la langue veut seulement traduire, formuler, représenter. Sans doute, le mode même de cette formulation, parce qu’il est social, est obligatoire pour l'individu ; mais elle reste une formulation, un symbole sans originalité, qui ne fait que reproduire passivement son objet, et qui, loin d'en déterminer la nature, lui doit la sienne.

1. C’est la thèse de M. Tanon. L’Evolution du Droit et la Conscience sociale, p. 149.

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