‹ Droit et Economie PolitiqueChapitre 62 sur 93 · Science of Language, p · texte numérisé non relu

Science of Language, p

2. Linguistisch-historische Forschungen zur Handelsg'eschichte, 1, 1886.

3. Ancient Society, p. 32: cf. le tableau qu'il tire de cette analyse, p. 32-35.

4. Solari. La Vita economica nei proverbi greci (Rivista italiana di sociolog'ia, 1898, p. 187 sqq et 303 sqq).

b) Les langues primitives, qui sont toujours concrètes, sont souvent aussi spéciales ; c'est-à-dire que dans la société chaque groupe tend à se faire sa langue propre !1). Cela est vrai, dans les sociétés inférieures, des groupes professionnels : en Afrique les forgerons parlent souvent une langue particulière. La différence des techniques suffit, encore aujourd'hui, à différencier nettemeut entre eux les langages professionnels. Bien plus : selon M. Frazer (2) les genres masculin et féminin n'auraient été à leur origine qu'une survivance de l'obligation qui existe pour chaque sexe, dans les sociétés primitives, de parler une langue spéciale ; or celte obligation est-elle même liée étroitement à la division du travail économique entre les sexes : les hommes et les femmes, ne pouvant toucher les mêmes objets, ne sauraient non plus les nommer, ou du moins les nommer de la même façon : car le nom et la chose nommée sont, dans ces sociétés, considérés comme identiques. Par là seulement on se peut expliquer qu'on ait longtemps attribué un sexe aux idées.et aux objets sans sexe : ce nest que dans des types linguis-

1. Cf. Van Gennep. Essai d'une Théorie des Langues spéciales (Revue des Etudes ethnogr. et sociol., juinjuillet 1908).

2. Suggestion as to the origin of gender in language (fortnightb- Review, 1900, p. 79 et suiv.)

tiques plus élevés qu’un genre neutre se forme pour désigner ces objets.

III. — Les éléments du langage, ainsi déterminés, se combinent et s'organisent d'une certaine façon : toute langue a sa syntaxe. Les caractères mêmes de cette organisation se laissent rattacher à des conditions d'ordre économique. Le plus simple et le plus important est le rythme du langage. Primitivement le langage est indistinct de la poésie et de la musique : il est rythmique et mélodique (1). Or ce rythme, comme l'a montré M. Bücher (2), ne résulte pas d’une nécessité interne de la pensée ; il n'y a aucun besoin logique qui commande la répartition des mots en groupes ; la répétition et l'ordre régulier des syllabes et des mots ont donc eu une source externe. Cette source, ce sontles mouvements corporels rythmés, qui primilivement sont accompagnés de cris et de chants et leur ont donné ainsi la forme rythmique. Le rythme du langage ne procède pas des besoins de la pensée, mais des nécessités de l'action. Mais ce ne sont pas tous les mouvements corporels rythmiques qui ont pu produire ce résul-

1. Darwin et Zaborowski (L’Origine du Langage, p. 114 et suiv.) ont même prétendu que l’on serait passé du cri au langage articulé par le chant, moyen de sélection sexuelle et d'imitation des bruits naturels.

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