‹ Droit et moraleChapitre 113 sur 126 · IX. CONCLUSION · texte numérisé non relu

IX. CONCLUSION

et une loyauté irréprochables, qui, avec la charité (n. 48-9) sont le plus bel ornement de l’homme de loi. En présentant ainsi notre travail, en accentuant ce qui est nécessaire avant tout, nous ne songeons nullement, Dieu nous en préserve, à atténuer le sentiment d'honneur très légitime, la noble fierté et le profond respect que beaucoup de juges et d'avocats nourrissent à l'endroit de leur profession, et qui les rendent parfois plus sévères dans l’appréciation d’une conduite déterminée que les moralistes eux-mêmes ne semblent l'être.

Nous disons « ne semblent l’être »; car les moralistes considèrent avant tout le péché à éviter, c’est-à-dire la transgression bien nette et punissable d’une oi morale; ils se contentent souvent de stigmatiser le péché, mais ils sont loin de méconnaître qu’il est souverainement louable en mille occasions de tendre à une moralité plus délicate et plus parfaite. Ils sont les premiers à proclamer cette dernière indispensable à l'avocat qui veut approcher du type idéal de sa profession, comme défenseur désintéressé du bien et du droit, comme « soutien de la veuve et de l’orphelin ». Ces mots, hélas, ne provoquent plus chez certains qu’un sourire de suffisance ironique !

Puissent au contraire nos hommes de loi catholiques se montrer de plus en plus les protagonistes décidés, non seulement de la stricte justice, mais aussi d’une droiture inflexible unie à la splendeur de la charité chrétienne; puissent-ils les promouvoir, en euxmêmes et dans les autres, par la parole et par l’action. De la sorte ils fourniront une preuve de plus que la Morale et le Droit, loin d'être adversaires irréductibles, peuvent et doivent, suivant les intentions de la Divine Sagesse, se compléter et se soutenir mutuellement.

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