‹ Droit et moraleChapitre 36 sur 126 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

SOMMAIRE. — Devoir, droit et justice (118). — Justice légale (119). — Justice distributive (120-1). — Justice commutative. Droit de propriété (122). Compétence de l'Etat en cette matière (123). — Injustice (124-5); nécessité extrême (126-8); compensation occulte (129-30).

Restitution (131-2); dispense ou délai (133-4). — Restitution du bien d'autrui (135) au cas de bonne (136) ou de mauvaise foi (137). — Réparation de dommage (138), obligation (139-43). — Réparation des effets de l’action (144-6), en cas de blessures, d’homicide (147), de séduction (148), de viol (149) d’adultère (150). — Réparation du dommage causé par autrui; solidarité (151-8).

118. Après avoir considéré les concepts de loi et de devoir, en eux mêmes et dans leurs applications, il nous faut scruter les notions de droit et de justice. Droit, obligation, loi, autant de concepts intimement connexes. Tout droit existant dans un sujet suppose en d’autres personnes l'obligation de respecter ce droit, en vertu d’une loi divine ou humaine.

Droit. — Un droit n’est pas un terme vide de sens, comme certains le prétendent; ni une pure situation de fait, ayant en elle même force de loi d’après la conception matérialiste (1). Dans son acception propre de puissance ou propriété inhérente à la personnalité humaine, un droit est «une faculté morale inviolable que possède une personne (2) d’avoir ou de faire à son avantage une chose déterminée, sans que d’autres puissent raisonnablement le trouver mauvais (n. 126) ». Sur tout ce que l’homme peut dire sien et considérer comme lui étant approprié, comme ses biens, sa réputation, sa liberté extérieufe, sa chasteté, son intégrité corporelle, sa santé et sa vie, sur tout cela il a un droit, un ius in re ou du moins un ius ad rein; ses semblables ont l’obligation de ne point lui porter préjudice. Le

) Syllabus, 59° prop. condamnée. Cpz. la conception matérialiste de la morale n. 1 note. — Qu'on se garde d’accepter sans contrôle ce que des philosophes comme KANT ont écrit sur le « fondement métaphysique du droit ». — Voir CASTE- LEIN, CATHREIN-NOUWENS, GUTBERLET, NOLENS, ORBAN etc.

(2) Les animaux n’ont point de droits. La protection des animaux doit se baser sur des conceptions philosophiques exactes et se garder de toute exagération et de tout ridicule.

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