Ib'id., ch. VII, a
qu'ils portassent simultanément la crosse et le sceptre, l'anneau et l'épée. La fondation de la société chrétienne sur les ruines du paganisme et de la barbarie avait graduellement amené cet état de choses.
D'un côté, l'esprit de foi et la bienveillance des princes avaient fait aux évêques une place des plus honorables dans les conseils de la nation. Ecoutons un historien ^ parler de cette influence naissante de l'Eglise : " C'est, dit-il, dans les affaires Judiciaires qu'elle se manifeste d'abord. Au plaid du roi, les évêques nous apparaissent constamment comme ses premiers assesseurs. Ils avaient reçu de la coutume ou de lois formelles un contrôle officiel sur les juges, la charge de s'opposer aux sentences iniques. Les causes des veuves et des orphelins ne pouvaient êtres jugées qu'en leur présence". Le même historien ^ nous apprend que plusieurs fois, le clergé, par ses représentants les plus autorisés, intervint dans la rédaction ou la révision des lois. En lui tous les opprimés étaient sûrs de trouver un protecteur. "On voit, dit Paul Allard, ^ des évêques inter. céder pour des citoyens rebelles, pour une ville qu'il est question de rayer de l'album des cités ; prêcher la modération à des collecteurs ou à des répartiteurs de l'impôt ; demander des remises d'amendes ; recommander à de hauts fonctionnaires des chrétiens et parfois même d'anciens préfets tombés dans la misère, engagés dans des procès ou menacés d'injustes poursuites; protester contre le morcellement d'une province, qui rendra plus pesant aux pauvres le fardeau de l'impôt. "
D'un autre côté, les besoins et la confiance des peuples leur faisaient chercher auprès de leurs pasteurs, riches de quelque donation princière ou de quelque patrimoine familial, secours et protection. " Chef des clercs qui formaient à eux seuls un petit peuple, propriétaire de milliers de colons, soutien des pauvres,