Ibid., pp
nombreuses victoires, il ne craignit pas de l'étendre sur la personne désarmée de Pie VII, parce que le saint pontife refusait de saluer dans le vainqueur d'Austerlitz l'empereur de Rome. L'audacieux monarque ne négligea rien pour réduire sa victime et lui arracher des concessions contraires à l'autorité et à la dignité du Saint-Siège. Pie VII, un moment surpris et décontenancé, ne tarda pas à se ressaisir et à faire entendre le non possjimus de ses prédécesseurs ^
Le 6 avril 1814, Napoléon déposait la couronne dans ce même palais de Fontainebleau qui avait été, quelques mois auparavant, muet témoin des tortures infligées au successeur de saint Pierre, et, le 24 mai. Pie VII rentrait à Rome aux acclamations de tout le peuple.
L'homme, fût-il géant, et fût-il héros de cent batailles, n'est pas à la hauteur du bras de Dieu.
Combien mieux inspiré avait été le puissant prince, lorsque, encore premier consul, donnant ses instructions au représentant de la France près du Saint-Siège, il lui recommandait un grand respect envers le Pape : " Traitez-le, écrivait Bonaparte, comme s'il avait 200,000 hommes 'K " N'était-ce pas une militaire façon de dire : " comme le premier des souverains?"
Les luttes, souvent si vives, soutenues par l'Eglise du Christ pour maintenir et sauvegarder sa souveraineté, ne furent ni d'un seul âge ni d'un seul pays. Elles couvrent, chez tous les peuples, presque toutes les périodes de l'histoire ; et, dès le début de la société canadienne, elles ont marqué de leur empreinte les rapports du pouvoir religieux avec le pouvoir civil.
M. de Frontenac, dans son zèle pour le triomphe des idées gallicanes, ayant eu un jour à se plaindre du langage d'un prédicateur imprudent, s'écria avec humeur "qu'on lisait bien dans l'Evangile que les Rois avaient été souverains Pontifes, mais non pas que les souverains Pontifes eussent été jamais Rois" '.