Revue des Questions historiques, 1er oct. 1905, p
3. Henti de Bernières, par l'abbé Auguste Gosselin, pp. 211-12.
Quoi qu'il en soit de cet argument biblique, il est sûr que ni l'impétueux gouverneur, ni d'autres fonctionnaires royaux de la Nouvelle-France ne se firent quelquefois scrupule de parler et d'agir en pontifes. Grâce à Dieu, ces idées et ces méthodes régaliennes ne purent trouver au cœur de nos évêques une sympathie qui leur fît écho, et l'Eglise sut au contraire, avec autant d'énergie que de constance, revendiquer contre elles la dignité de son rang, la liberté de sa parole, l'indépendance de ses tribunaux et de son action.
Terminons cet exposé de doctrine par les paroles de Léon XIII qui en fournissent la formule la plus précise et la plus lumineuse: "Dieu, dit-il, ^ a partagé le gouvernement du genre humain entre deux puissances, la puissance ecclésiastique et la puissance civile, celle-là préposée aux choses divines, celle-ci aux choses humaines. Chacune d'elles est souveraine dans son genre ; chacune a ses limites parfaitement déterminées par sa nature et sa destination immédiate ; chacune a donc sa sphère particulière dans laquelle elle se meut et exerce, en toute compétence, son action. "
I. ^ncycl. Itnmorlale Dgi.—" S'il est juste que l'Etat soit indépendant et souverain chee lui, il est juste que l'Eglise soit chez elle indépendante et souveraine; si l'Eglise empiète quand elle prétend régler la constitution de l'Etat, l'Etat empiète quand il prétend régler la constitution de l'Eglise, et si, dans son domaine, il doit être respecté par elle, dans son domaine elle doit être respectée par lui " (Taine, Orig. de la Fr. cont., III, 23e éd., p. 274) .