‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 117 sur 227 · I. Ibid., V · texte numérisé non relu

I. Ibid., V

-2. Schisme des Donatistes, 1. III.

saint Paul, prier pour eux. Car l'Etat n'est pas dans l'Eglise^ mais l'Eglise dans l'Etat, c'est-à-dire dans l'empire romain où les droits du sacerdoce et l'honneur de la virginité sont sacrés : chose qui n'existe pas chez les nations barbares. "

On le voit, l'évêque de Milève ne parle point ici de la société civile en général, mais de l'empire romain qu'il oppose aux sociétés barbares. Et lorsqu'il affirme que "l'Eglise est dans l'Etat, non l'Etat dans l'Eglise," il veut dire, non que l'Eglise fait partie de l'Etat ni qu'elle est sous sa dépendance, mais que, sous l'égide de la puissance romaine convertie au christianisme, elle jouissait à cette époque d'une existence légale et d'une sécurité extérieure que les peuples païens étaient loin de lui offrir, et qu'elle-même, puissance spirituelle, ne pouvait assurer au pouvoir civil.

Cette interprétation peut paraître forcée ; elle ressort cependant de l'analyse logique du texte, obscur et ambigu, c'est vrai, que nous avons cité. Au reste, comment serait-il permis d'attribuer aux paroles de saint Optât un sens régalien, alors que l'auteur, prenant à cet endroit même la défense des catholiques contre les Donatistes, s'efforce de les disculper de l'incrimination d'avoir voulu soumettre l'Eglise à l'empereur? ^

Les partisans de la supériorité de l'Etat sur l'Eglise n'eu persistent pas moins à réclamer pour le pouvoir civil des droits que le catholicisme ne saurait reconnaître, qu'il n'a jamais admis même en face des plus cruels supplices, et que la raison impartiale condamne. " D'où viendrait donc, écrit très pertinemment Duballet, ^ d'où viendrait à l'Etat cette prééminence et cette supériorité sur la société religieuse? Ce n'est pas de sa nature, puisque sous ce rapport, au contraire, il est manifestement inférieur à la société religieuse, n'étant établi qu'en vue de la fin secondaire de l'homme. Comment la puissance qui régit les choses temporelles serait-elle, par nature, supérieure à

1. Voir Cavagnifî, Inst.jur. pub. eccl., P. I, 1. I, c. 3, a. 3, obj. (i éd.).

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