‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 122 sur 227 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

— iço

sieurs siècles, des entrevues avec les Papes, les out honorés avec les plus grandes marques de soumission, jusqu'à leur tenir quelquefois rétrier lorsqu'ils montaient à cheval et leur rendre plusieurs autres services du même genre. "

Nous sommes loin, hélas ! de ces temps glorieux où, par égard pour le Vicaire du Christ, la foi inclinait jusquedans la poussière les têtes royales. Ces têtes, en maints pays, se sont redressées. Et infatuées d'elles-mêmes, elles croiraient déchoir en tenant visà-vis de Rome le rôle des vieilles dynasties. Mais la couronne qu'elles portent en est-elle plus solide et plus respectée ?

La prééminence de l'Eglise sur l'Etat fut longtemps une vérité sociale incontestée. Pendant quinze siècles, elle éclate à toutes les pages de l'histoire, nulle part cependant d'une manière plus visible et plus saisissante que dans les relations de saint Ambroise avec l'empereur Théodose. Deux faits surtout la mettent en très haut relief.

Par suite de dissensions et d'animosités entre catholiques, hérétiques et Juifs, des désordres assez sérieux s'étaient produits en Orient. Plusieurs édifices avaient été incendiés, entre autres une synagogue. Théodose, ému par ces nouvelles et sans s'être suffisamment enquis de la nature des faits, avait édicté contre les coupables des peines sévères, et tous, y compris un évêque accusé d'avoir fomenté ces troubles, étaient condamnés à réparer à leurs frais les bâtiments détruits, même le temple juif. Saint Ambroise, informé de la chose, s'empressa d'adresser au prince une réclamation énergique. Au cours de cette épître, il lui disait : "Vous enverrez donc en Orient vos drapeaux victorieux avec le signe sacré du Labarum, pour y établir une synagogue ! " ^ Ce premier avertissement étant resté sans écho, le courageux évêque n'hésita pas à plaider du haut de la chaire, devant les fidèles réunis, et en présence de l'empereur directement admonesté, la cause de la foi et de la clémence, et il ne consentit à monter à l'autel qu'après avoir arraché au souverain,

Page 1