Dom Benoît, ouv. cité, pp. 342 et suiv
2. Cavagnis, Insi.juris publ. ecd., vol. II, p. 243 (3e éd.).
étaient universellement reconnus. Grâce aussi à la confiance qu'inspirait la Papauté et à l'ascendant que lui conférait la constitution particulière du nouvel empire d'Occident, elle put, dans ses rapports avec les hommes politiques, déployer une fermeté de vues et une ténacité d'action qui, sans cela, eussent été souvent stériles, pour ne pas dire dommageables à ses meilleurs intérêts ^
^Nlais si l'ancien droit public a puissamment favorisé l'exercice du pouvoir indirect des Papes sur le temporel des souverains, il n'a pas été la source ni la raison première de ce pouvoir. C'est en vertu, non d'un droit humain, ni d'un appel spontané des peuples, ni d'une concession transitoire des princes, mais bien d'un droit stable, supérieur et divin, que les Papes sont intervenus dans les choses politiques, qu'ils ont admonesté les grands du siècle et disposé de leurs couronnes. Les termes mêmes dont ils se servent dans leurs lettres et leurs sentences contre les princes coupables suJÉfiraient pour nous en convaincre ^; tout ce que nous avons dit au cours de cette étude le démontre péremptoirement.
Il faut bien l'avouer : les mutations diverses survenues dans l'âge moderne, l'amoindrissement, en plusieurs pays, de la foi populaire, et la déchristianisation d'un grand nombre de gouvernements ne permettent plus aux Pontifes romains d'exercer
1. L'action des Papes au moyen âge était hautement pacificatrice, Un écrivain moderne, parlant de cette magistrature bienfaisante exercée tantôt sur les princes, tantôt sur les nations rivales, dit fort à propos: " Avant de charger d'invectives cette institution. . .peut-être serait-il sage et équitable de voir si l'on a trouvé mieux : aujourd'hui, quand la guerre est déclarée entre deux peuples, leurs armées marchent à la frontière et elles se heurtent dans un choc qui écrase d'innombrables vies humaines ; si c'est au sein de la même nation que l'harmonie se brise, le peuple dresse des barricades, le gouvernement fait avancer les canons, et le conflit se résout dans le sang. Aux esprits impartiaux de voir si nos méthodes constituent un progrès vers une civilisation moins imparfaite ou un recul vers la barbarie. " (Chan. Planeix, U Eglise et l'Etat, p. 73, 2e éd.). — Voir, app. B, une liste des interventions pontificales les plus célèbres.