‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 158 sur 227 · Pensées., t. II, art. 8, n, i · texte numérisé non relu

Pensées., t. II, art. 8, n, i

2. Du Droit eccl. dans ses principes généraux, t. I, \ XCVII (2e éd., trad. Crouzet). Nous résumons les paroles de l'auteur.

3. Duballet, L'Eglise et V Etat, t. II, pp. 317-318 ; Questions actuelles, t. XV, pp. 148-149, pp. 251-255.— Nous devons à la v^irité de déclarer que nous n'avons pu nous-même aller aux sources indiquées dans ces pages.

phématoire de la Bible, plus cher aux Juifs que la Bible ellemême? " Nous statuons que tout Juif devra, trois fois par jour, maudire tout le peuple chrétien, prier Dieu qu'il le confonde et l'extermine avec ses rois et ses princes, et exécrer Jésus de Nazareth." — "Dieu commande aux Juifs de travailler de toutes manières, par ruse, par violence, par usure, par vol, à s'emparer des biens des chrétiens." — "Il est ordonné à tout Juif de tenir les chrétiens pour des brutes et de ne pas les traiter autrement que des animaux sans raison."

Peut-on pousser plus loin le cynisme grossier et le fanatisme sectaire ? Le talmudisme n'est, en vérité, qu'une caricature monstrueuse de la loi mosaïque ^

En face de ce peuple qui fut l'élu de Dieu et qui, par un aveuglement coupable, foule aux pieds l'œuvre divine, l'Eglise, dans sa sagesse,, dut prendre une attitude et adopter une législation empreinte tout à la fois de charité et de prudence, de prévoyance et de bonté. Elle protégea les Juifs, mais en se protégeant elle-même contre le danger de leur contact et la contagion de leur prosélytisme. Ce fut une combinaison, miséricordieuse et ferme, de christianisme accueillant et d'antisémitisme défensif.

Elle permit d'abord aux Juifs de résider parmi les chrétiens et leur offrit un refuge dans ses propres Etats (Rome, Ancône, Ferrare, Urbin). " Une fois admis dans un Etat, dans une ville, les Juifs (d'après la loi canonique) ne doivent pas être expulsés légèrement et pour la première raison venue ; tant qu'ils remplissent

I. Nous croyons devoir reproduire ce que, en 1244, le Pape Innocent IV écrivait au roi de France : " Ingrats envers le Sauveur Jésus-Christ, qui attend avec patience leur conversion, ces malheureux (les Juifs) , sans honte de leur faute, sans respect de îa foi chrétienne, ont rejeté la loi, méprisé Moïse et les prophètes, pour suivre certaines misérables traditions dans lesquelles ils instruisent et nourrissent leurs enfants. Ces traditions sont ramassées dans ce qu'ils nomment en hébreu le Talmud, lequel est chez eux un grand livre, plus étendu que la Bible, o^i 7 trouve des blasphèmes manifestes contre Dieu et son Christ et contre la bienheureuse Vierge, des fables absurdes, des illusions de toute sorte, des sottises inouïes". Le pape termine en conjurant le roi de faire livrer aux flammes ce recueil d'erreurs. (Bullaire Romain).

fidèlement leurs devoirs envers l'Eglise et l'Etat, ils ont droit à la protection des pouvoirs spirituels et temporels. On ne peut, sans se rendre criminel aux yeux de Dieu, en dehors des cas justifiés par des raisons vraiment légitimes, ni les tuer, ni les maltraiter, ni les spolier de leurs biens, ni leur imposer des charges iniques. L'Eglise s'est toujours montrée, sous ce rapport, la tutrice et la protectrice des Juifs ^ ; et [son appui leur était d'autant plus nécessaire, que la législation d'un grand nombre d'Etats, en Allemagne par exemple, leur faisait une situation plus intolérable, et qu'ils avaient toujours suspendu sur leurs têtes, comme l'épée de Damoclès, ce principe généralement admis, que l'empereur avait le droit d'exterminer tous les Juifs et d'annuler toutes les poursuites intentées par eux contre leurs débiteurs \ "

L'autorisation accordée aux Juifs, de résider parmi les chrétiens, comportait néanmoins certaines restrictions propres à garantir des périls d'un voisinage foncièrement hostile. C'est ainsi que, dans les villes où ils étaient admis, la loi leur assignait une rue ou un quartier déterminé ; qu'elle les obligeait à porter un vêtement distinct ; que toute commensalité entre eux et les chrétiens était prohibée. ^

De même, en raison de la supériorité des disciples du Christ sur cette race ingrate et déchue, et pour mieux écarter tout danger de séduction, l'Eglise défendit aux chrétiens non seulement de contracter mariage avec des Juifs, mais aussi d'entrer à leur service * ou de les prendre eux-mêmes comme serviteurs ^

1. Ainsi, lorsque, par l'édit de 1492, les Juifs réfractaires à la foi chrétienne furent chassés d'Espagne, le pape Alexandre VI leur offrit l'hospitalité dans ses Etats (Gafïre, Inquisition et Inquisitions, pp. Ê5-66 ; Pastor, Hist. des Papes au moyen âge, t. VI, p. 146 ; cf. Qiiesi. act., t. XLIV, pp. 148-151).

2. Philipps, oîiv. cit., t. II, pp. 295-96.— On peut trouver dans cet ouvrage tous les textes de législation ancienne relatifs à la question juive.

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