‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 175 sur 227 · Hurter. Hist du Pape Innocent III, t. III, p · texte numérisé non relu

Hurter. Hist du Pape Innocent III, t. III, p

2. Mgr Douais, dans son ouvrage L'Inquisition, ses origines, sa procédure, 1ère P., attribue la création, par le Pape, de ce nouveau mécanisme juridique non pas seulement au désir de triompher de l'hérésie, mais encore à celui d'écarter du domaine doctrinal l'ambitieuse action de l'empereur Frédéric II.

3. " Contenue en germe dans les prescriptions du concile de Vérone en 1184 et du IVe de Latran en 1215, l'Inquisition ne devint permanente qu'au sortir de la guerre des Albigeois parle décret du concile de Toulouse en 1229, ordonnant aux évêques de charger, dans chaque paroisse, un ecclésiastique et quelques laïques de veiller sur les fidèles et de rechercher ceux des paroissiens qui paraîtraient suspects d'hérésie. Quelques années plus tard, en 1233, parut la fameuse bulle Ille humani gêner is de Grégoire IX, premier acte, officiel d'institution " (Gaffre, oiiv. cit., pp. 37-38). La mise en œuvre de l'Inquisition fut confiée aux Frères Prêcheurs et Mineurs, sous la haute direction des évêques ; lesquels, défenseurs nés de l'orthodoxie, ne cessaient pas pour cela de jouir du

L'Inquisition eut donc pour mission de rechercher les coupables ou suspects d'hérésie, de les examiner, de juger s'ils pouvaient encore faire partie de l'Eglise ou s'ils devaient, branches flétries, être séparés de ce tronc vénérable.

A travers certaines rigueurs qu'expliquent les mœurs du temps et la haute gravité des intérêts en jeu, la procédure inquisitoriale laisse voir suffisamment la charité maternello et la justice miséricordieuse de l'Kglise. " Avant de procéder, dit Cantù, l'Inquisition donnait deux avertissements ^ ; elle n'arrêtait que les obstinés et les relaps, acceptait le repentir de tout individu qui abjurait son erreur, et se contentait souvent de châtiments moraux. Elle sauva donc beaucoup de personnes que les tribunaux séculiers auraient condamnées ^ ".

Dans l'application des peines temporelles, la justice inquisitoriale se contenta au début de corrections pénitentielles, telles que jeûnes, pèlerinages, disciplines publiques. Plus tard, en proportion du mal lui-même, les pénalités s'aggravèrent. On statua contre les coupables la confiscation des biens, le bannissement, la déclaration d'infamie, l'incapacité de témoigner, d'ester en justice, d'exercer aucune fonction publique, la détention temporaire ou perpétuelle " dans une prison tolérable et humaine ^ ".

Le repentir pouvait donner lieu à une commutation, à une diminution, à une suppression même de peine *. Que si l'in-

droit inquisitorial irilicrentà leur charge. — An X Vie siècle, les envahissements du protestantisme décidèrent les souverains pontifes à centraliser les tribunaux de l'Inquisition en une importante congrégation romaine, d'un caractère à la fois doctrinal et judiciaire, la S. Congrégation de l'Inquisition ou le Saint-Office, la première des congrégations cardinalices qui entourent le Saint-Siège.

1. Saint Thomas d'Aqtiin, dans un des articles de la Somme cités plus haut, signale ce charitable procédé de l'Eglise soucieuse de s« conformer aux prescriptions de l'xVpôtre (Tit. III, lo) .

2. Les hérétiques d'Italie, vol. i, Disc. 5.- Cf. Vacandard, ouv. cit., p. 236.

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