Ibid. y pp. 327 et suiv
Les méthodes inquisitoriales furent pour l'Eglise un moyen nécessaire de défense ; elle avait à sauvegarder l'intégrité de sa foi, le trésor de ses traditions, la vie menacée de ses institutions. Les sectes qui ont rempli l'histoire de l'infamie de leurs actes et du bruit de leur brigandage, naquirent d'une pensée de révolte, et elles ne se livrèrent à tant de violences que pour faire triompher l'erreur, l'injustice et le mal.
Le contraste est frappant.
L'Eglise, dans sa lutte contre l'hérésie, fut sévère, mais juste ; l'hérésie luttant contre l'Eglise, n'a été qu'injuste, brutale et sanguinaire.
" La tolérance, a écrit le comte de Falloux, n'était pas connue des siècles de foi, et le sentiment que ce mot nouveau représente ne peut être rangé parmi les vertus que dans un siècle de doute ^ ". Cette remarque entendue, comme elle doit l'être, de la tolérance civile^ est juste. Et elle nous livre le secret de la notable différence qui existe entre la conduite de l'Eglise et des souverains chrétiens du moyen âge, et la conduite de l'Eglise et des gouvernements modernes, même catholiques, à l'égard de l'hérésie. Contre l'hérésie naissante les pouvoirs publics devaient sévir : nous avons vu pourquoi. Contre les hérésies établies et fixées par des racines profondes dans le sol des nations, ils peuvent et doivent user de tolérance. Voilà pourquoi, si l'édit de Nantes fut une faute, sa révocation tardive ne saurait, croyons-nous, être jugée digne d'approbation.
" LEglise, dit pertinemment l'abbé Moulart ^, n'use point de son pouvoir contre ceux qni errent par ignorance dans la foi, ni contre ceux qui, nés de parents depuis longtemps étrangers à la religion catholique, élevés dans les préjugés et l'aveuglement, ne reconnaissent pas l'autorité de l'Eglise, ni, à plus forte raison, contre ceux qui ont falsifié la forme et la matière essentielles du baptême. L'Etat doit imiter cette conduite de l'Eglise. Il