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avec Rome, et l'esprit religieux de ses institutions, n'est-ce pas aux rigueurs inquisitoriales qu'il le doit ?
En France, les doctrines hérétiques eurent plus libre cours et causèrent, nous le savons, plus de troubles. Le protestantisme français se montra remuant, agressif, séditieux. Ses agissements et ses progrès inquiétaient au plus haut point le chef de l'Eglise, Pie V, qui s'en ouvrit dans plusieurs lettres. " Le vandalisme des Huguenots était notoire. On ne parlait que de prêtres massacrés, d'églises pillées, profanées, incendiées, détruites, partout où ils passaient en armes. Et ce n'était là, dit le pontife, que les moindres de leurs forfaits. Ils avaient osé attenter à la dignité royale et essayé de s'emparer de Charles IX. La perturbation qu'ils jetaient dans l'Etat et leurs attaques dirigées contre la religion catholique formaient des crimes de lèse-majesté à la fois humaine et divine ^ ". Ou a peint en quatre mots la situation faite à la France par les menées protestantes : " conspiration à l'intérieur, complicité à l'étranger, révolution sociale et religieuse, usurpation féodale et politique ^ ".
Pie V, tout préoccupé de conjurer de si grands maux et de conserver à la France son unité religieuse et nationale,» ne se fit pas faute d'exciter et de réchauffer le zèle de Charles IX contre les hérétiques, " tout en demandant qu'on leur fît une guerre ouverte et qu'on les châtiât d'après les lois existantes ^ ". Grégoire XIII, son successeur, ne pensa pas autrement ; et l'histoire, pièces en main, démontre que, si ces deux pontifes
1. Vacaudard, Etudes de critique et d'histoire religieuse : Les Papes et la Saint-Barthéleniy , p. 229.
2. Le comte de Falloux, Hist. de saint Pie V, t. I, p. 221 (2e éd.) .
3. Vacandard, ibid. p. 239. — Quelques lignes auparavant, l'érudit écrivain parle avec un certain mépris des idées médiévales de Pie V, renouvelées, ditil, des Hébreux, et qui ne sont qu'une forme passagère de la pensée humaine. Si ces idées n'eussent fait place dans la société au libéralisme né de l'amoindrissement du principe d'autorité, on ne verrait pas de nos jours le pouvoir civil subir tant de hontes, ni la France chrétienne se débattre, meurtrie et pantelante, sous la botte des juifs et des francs-maçons. — Il est bon de rappeler
désirèrent ranéantissement de rinfliience protestante en France, ils n'enrent aucune part dans l'attentat du 24 août 1572 et dans l'affreuse hécatombe qui, par l'ambition d'une femme et l'explosion farouche des haines populaires, fit parmi les protestants de si nombreuses victimes ^
Nos adversaires crient hautement à l'intolérance de l'Eglise et rejettent volontiers sur elle la responsabilité d'exécutions qu'elle n'a ni ordonnées ni approuvées. IMauvaise foi et calcul : ils espèrent par là détourner l'attention publique de leur propre intolérance - et de leur propres méfaits. Quels sont ceux dont la claraenr, grosse d'injures pour les pontifes romains, retentit à travers tant de journaux sectaires et tant de pamphlets calomnieux ? Quels sont les dénonciateurs les plus zélés et les plus virulents de l'Inquisition romaine ? Notons-les bien : les apologistes de l'inquisition protestante et de Luther écrivant qu'il faut assommer le Pape ^ ; les panégyristes de l'inquisition huguenote et de Calvin faisant brûler à petit feu Michel Servet * ; les défenseurs de l'astucieuse et sanguinaire politique d'Elizab^th d'Angleterre ; les prôneurs de l'inquisition jacobine et les louangeurs de ces monstres à tête humaine, fils de révolution, qui trempèrent leurs mains dans le sang le plus pur de la France ^
que Pie VI, fidèle à la pensée de ses prédécesseurs, dans une allocution du 26 septembre 1791, appela ledit de Nantes rendu par Henri IV en faveur des hérétiques un " édil ruineux et funeste qui a été la source principale des maux qui bouleversent aujourd'hui le royaume et la religion, êdit, pour ce motif, condamné dès son origine par le Siège apostolique " (Onclair, De la Révolution et de la restauration des vrais principes sociaux^ t. III, p. 238) .
1. Vacandard, ouv. ctt. ; — aussi Lefortier, La Saint-Barthélémy elles premières guerres de religion en France.
2. Cf. Janssen, V Allemagne et la Ré/orme {ixdid. de l'allemand), t. V, pp. 488 et suiv.