‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 184 sur 227 · Encyclique îtnmortale Dei · texte numérisé non relu

Encyclique îtnmortale Dei

ours fait pour les autres sciences, elles ne cessera de favoriser et d'encourager celles qui ont pour objet l'étude de la nature ".

Conséquemment, ce que l'Eglise réprouve, ce ne sont pas les études elles-mêmes auxquelles nos contemporains se livrent avec tant d'ardeur; c'est simplement, c'est uniquement l'abus qu'on en fait et la direction trop souvent dangereuse qu'on leur donne.

Ce qu'elle réprouve, c'est le schisme que l'on veut créer entre la foi chrétienne et la science ; c'est le mépris qu'on professe pour les questions de principes et la philosophie catholique ; c'est l'évolution à laquelle des esprits téméraires osent soumettre les dogmes, comme si ces vérités, fondées sur la parole divine^ étaient susceptibles de changements essentiels et de transformations progressives* ; c'est encore l'audace croissante avec laquelle des demi-savants, au nom d'une critique oublieuse des principes qui la régissent, font fi des enseignements les plus constants et des traditions les plus vénérables de l'Eglise.

La nouveauté, inséparable des études positives et des découvertes physiques, n'a rien qui alarme le sens catholique. Ce qui paraît moins rassurant, c'est l'esprit d'innovation appliqué aux doctrines théologiques et philosophiques consacrées par l'autorité de Dieu ou par le génie des docteurs chrétiens. Cet e=prit, l'Eglise le redoute, parce qu'elle y voit un dissolvant de ses dogmes et un ennemi de sa foi.

Pas plus que le progrès scientifique, le progrès matériel qui en résulte ne peut avoir contre le catholicisme de légitimes sujets de plainte.

L'Eglise (c'est encore Léon XIII qui parle "•*) "voit sans

1. Pie IX a condamné la proposition suivante: " La révélation divine est imparfaite, et par conséquent sujette à un progrès continuel et indéfini qui réponde au développement de la raison humaine " ( Syllabus, prop. 5 ) . — Pie X de son côté, par le décret Lamentabili sane du Saint-Oflfice (3 juillet 1907), a proscrit une série de propositions sur la doctrine de l'évolution appliquée à l'Eglise, à l'Ecriture sainte et aux dogmes. Voir la magistrale encyclique du même pape sur le modernisme.

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