Encycl. cit
déplaisir toutes les recherches qui ont pour but d'embellir la vie €t de la rendre plus commode. Ennemie née de l'inertie et de la paresse, elle souhaite grandement que l'exercice et la culture fassent porter au génie de l'homme des fruits plus abondants : elle a des encouragements pour tous les arts et pour toutes les industries." De même que la grâce ne détruit pas la nature, mais s'y ajoute, ainsi l'Eglise, gardienne vigilante des trésors surnaturels, ne méprise aucun bien naturel, ni la richesse privée ou publique, ni les sources d'où elle jaillit, ni le travail qui l'alimente, ni la santé, ni l'aisance, ni les agréments de la vie. Ces biens viennent de Dieu, et si l'on en fait l'usage convenable auquel ils sont destinés, ce sont comme autant d'échelons par lesquels l'homme sage et probe peut monter jusqu'à Dieu.
Mais, parce que l'abus est bien près de l'usage, et que trop souvent les richesses, loin d'aider l'homme à pratiquer le bien, lui ouvrent toutes grandes les voies et les pentes du mal, l'acheminent vers les plaisirs faciles et les corruptions raffinées, lui mettent au cœur la soif insatiable de l'or et, pour la satisfaire» l'improbité capable de toutes les opérations véreuses, l'Eglise, dans son zèle pour les âmes, se voit obligée de dénoncer énergiquement le péril que créent à la conscience chrétienne les convoitises fiévreuses de notre époque et le matérialisme abject qui forme une plaie si monstrueuse au flanc de la société contemporaine.
En le faisant, elle s'acquitte d'un devoir grave, et, en remplissant ce devoir, elle favorise le premier et le plus essentiel de tous les progrès, celui sans lequel les biens de l'esprit et du corps, l'éclat de la science et l'influence de la fortune perdent presque tout leur prix, je veux dire le progrès et le perfectionnement vioral. On a beau parler de civilisation : ce mot, prononcé par des lèvres qui blasphèment Dieu, n'est qu'une ironie et un mensonge.
Aussi l'Eglise, quia tout fait pour purger la société des mœurs païennes et assurer, parmi les peuples, le triomphe de la loi naturelle et delà morale évangélique, n'envisage-t-elîe pas sans