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efFroi ce qui se passe actuellement sous ses yeux. Peut-elle considérer comme un progrès l'indifférence religieuse, l'impiété même, dont certains gouvernements font parade, les atteintes portées par le divorce à l'honneur et à la paix des familles, l'école neutre versant dans l'âme des générations nouvelles le poison de l'athéisme, la littérature viciée et ravalée à un rôle immonde, la presse transformée en instrument de perversion, les théâtres vomissant par mille bouches impures la lave brûlante de l'immoralité?
De tout temps, il est vrai, même aux jours où l'Eglise exerçait sans conteste la plus haute magistrature sociale, on put voir les passions irritées s'insurger contre les lois de Dieu ; dans tous les siècles, il y eut des révoltes de la ch^ir contre l'esprit, des emportements de l'orgueil contre l'autorité. Mais ces écarts du cœur humain, condamnés par la morale chrétienne et le plus souvent par la conscience repentie des coupables, n'étaient pas, comme aujourd'hui, recouverts du manteau de la loi. Il était réservé à notre âge, épris de tolérance et infatué de l'excès même de ses fautes, de légaliser le mal et de le consacrer en quelque manière par des sanctions publiques et des institutions permanentes \
Loin d'être un progrès, pareil état de choses accuse un retour visible aux mœurs du paganisme, et cette déchéance morale procède elle-même d'une notion fausse et d'un abus monstrueux de la liberté.
Certes, disons-le très haut, la liberté est un don du ciel. "Bien excellent de la nature et apanage exclusif des êtres raisonnables, " 2 Dieu en a doué l'homme pour lui permettre de se faire lui-même, par des actes exempts de contrainte et une coopération docile aux vues de la Providence, l'ouvrier de sa fortune et l'artisan de son bonheur.
1. On comprend pourquoi l'Eglise ait cru devoir condamner la proposition suivante: " Le Souverain Pontife peut et doit se réconcilier avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne " (Syllabus, prop. 80) .