‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 191 sur 227 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

de libertés peuvent, pour de justes causes, êtres tolérées, pourvu qu'uu sage tempérament les empêche de dégénérer jusqu'à la licence et au désordre * ".

Remarquons bien ces paroles du grand Pape dont nous suivons pas à pas les enseignements : elles énoncent brièvement, et d'une façon lumineuse, toute la doctrine de l'Eglise sur l'attitude pratique qu'il convient de prendre vis-à-vis des libertés modernes.

Il ne s'agit pas, à coup sûr, de revendiquer pour l'erreur et le mal un droit quelconque à la liberté et à la protection des pouvoirs publics. Ce serait tenir pour juste la tolérance dogmatique dont nous avons déjà dit ^ qu'elle n'est jamais permise.

Il ne s'agit pas non plus de préconiser la tolérance politique^ par laquelle tous les cultes sont admis à jouir d'une liberté commune d'organisation et d'action, comme un régime parfait et comme un bien absolu répondant à l'état normal de la société. Une société constituée d'après les principes chrétiens, garde avec un soin jaloux son unité religieuse, de laquelle dépendent les biens les plus précieux ^

Il ne s'agit pas enfin de montrer dans cette tolérance civile un bien hypothétique tel qu'il soit désirable de le voir se réaliser partout et toujours. C'est la thèse des catholiques libéraux condamnée dans cette proposition du Syllabus * : " A notre époque, il n'est plus opportun que la religion catholique, à l'exclusion de tous les autres cultes, soit la seule religion d'Etat ".

Ce que nous prétendons, c'est que par suite des conditions nouvelles de la société, l'autorité civile peut, en certains pays et dans une certaine mesure^ tolérer les libertés modernes et les

1. Ibid. — Voir sur cette question l'ouvrage de Mgr Benjamin Paquet, intitulé : Le libéralisme. Leçons données à l' Université Laval.

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