‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 199 sur 227 · Léon XIII, encycl. cit · texte numérisé non relu

Léon XIII, encycl. cit

rapports de l'Eglise et de l'Etat et veulent faire servir au bien commun l'harmonie de ces deux puissances ^"

L'action catholique ainsi réglée opérera des merveilles. Là est le salut.

Terminons cette leçon sur la société actuelle, et tout cet exposé des principes généraux du droit public de l'Eglise, en commentant l'une des maximes favoiites de l'école libérale. — Pour justifier leur conduite, leur esprit de tolérance et de concession, et leur zèle dévoué jusqu'à l'enthousiasme au régime des libertés modernes, les libéraux ne cessent de répéter qu'il faut être de son temps.

Cette proposition est équivoque.

Si l'on veut signifier par là que l'Eglise, sans altérer ses dogmes et sans renoncer à ses prérogatives, doit, dans l'application des principes sociaux, tenir compte de l'état actuel de la société et s'abstenir d'exiger des catholiques et des hommes d'Etat des lois et des réformes irréalisables, nos adversaires ne disent rien de neuf. L'Eglise, en ce sens, a toujours été et elle sera toujours de son temps, parce qu'elle embrasse tous les temps, et qu'elle domine dans un égal souci du bien, et en y ajustant son action, les contingences de toutes les époques.

Mais tout autre est la pensée libérale. Ce que l'on veut et ce que l'on réclame, c'est que le catholicisme évolue avec les siècles et leurs systèmes, qu'il s'imprègne d'un esprit nouveau^ qu'il fasse à la société moderne, à ses idées d'universelle tolérance, à ses principes d'absolue liberté, le sacrifice de ses propres principes et l'hommage d'une adhésion ferme et décisive.

En cela on fait erreur.

Immuable dans la doctrine qu'elle professe, l'Eglise ne peut descendre au niveau d'une société oublieuse de ses devoirs et déchue de sa propre grandeur. Et ce qu'il faut à notre temps, ce n'est donc pas d'aduler cette société travaillée par un mal profond et même en rupture manifeste avec Dieu, mais plutôt

[. Ibid.

de faire effort pour la guérir, pour la ramener vers la foi primitive, pour la relever jusqu'à cette hauteur où l'entente entre la puissance ecclésiastique et la puissance civile, lors même qu'elle ne saurait restaurer Tancienne unité religieuse, peut du moins produire des fruits heureux de progrès moral et de prospérité nationale.

Voilà la tâche "qui au Canada, comme dans les autres pays, s'impose de plus en plus aux hommes de doctrine et aux hommes d'action ; elle est digne de tous les talents, de tous les dévouements, et de tous les courages.

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