‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 207 sur 227 · I. Du Contrat social, 1. I, ch. i · texte numérisé non relu

I. Du Contrat social, 1. I, ch. i

pensée du philosophe de Genève, ni la société, ni l'autorité qui en est la clef de voûte, ne sont de droit naturel, mais l'une et l'autre dépendent d'une convention libre : en d'autres termes, c'est le peuple, né à l'état sauvage, puis, passant librement à l'état social, qui donne naissance au pouvoir et crée la souveraineté.

Telle est, dans sa substance, la théorie de Rousseau. Sans vouloir la réfuter longuement, nous croyons utile d'offrir ici au lecteur une analyse succincte de l'encyclique Diiiturnum, dans laquelle Léon XIII démontre péremptoirement par l'Ecriture et les Pères, par la raison et par l'histoire, l'origine divine du pouvoir.

Rien n'est plus clairement enseigné dans les saints Livres que ce dogme capital. Tantôt c'est Dieu lui-même qui en fait la promulgation solennelle : Par 7noi, est-il écrit au livre des Proverbes \ par moi régnait les fois. . . par vioi commandeyit les privées, par moi la puissance civile adtnifiisire la justice. Tantôt ce sont les messagers du Seigneur qui transmettent l'écho de la parole divine : Tout pouvoir,, s'écrie saint Paul, vie7it de Dieti. Le prince est le viinistre de Dieu'-.

Aussi la tradition, celle des Pères, celle des docteurs, n'a-t-elle qu'une voix pour proclamer cette importante vérité. Saint Augustin disait : " N'accordez qu'au vrai Dien le pouvoir de donner les royaumes et les empires ^. " Et saint Jean Chrysostome : ' ' Qu'il y ait des sociétés où les uns commandent et les autres obéissent, sans que l'on soit laissé aux caprices du hasard . . . cela est l'œuvre de la sagesse divine*. "

On ne peut donc pas prétendre avec Jean-Jacques Rousseau que l'autorité préposée au gouvernement des peuples, est une chose libre et un fait contingent, et que ni la nature ni Dieu ne contribuent directement à la constituer. Dieu est la source de tout pouvoir légitime, non seulement comme cause première, principe de tout être, ou comme premier moteur, principe de tout mouvement, mais d'une manière prochaine, formelle et immédiate, comme il est la source de tout droit nécessaire et de toute puissance naturelle^.

Ee effet (ainsi raisonne Sa Sainteté Léon XTII) la voix de la nature, qui n'est autre que la voix de Dieu, appelle tou*; les hommes à vivre en société. C'est ce que démontrent, d'un côté le langage, l'impérieux besoin qu'ont les âmes de se répandre au dehors et de s'unir entre elles, de l' autre cette impuissance où se trouvent les indi-

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