Périès, ouv. cit., p
— coque Félix IV, par un excès de zèle, outrepassa ses pouvoirs et commit, eu voulant lui-même nommer son successeur, une de ces erreurs de conduite que Dieu ne s'est point universellement engagé à prévenir.
. Ce qui nous confirme dans ce sentiment, c'est la déclaration si formelle, faite à deux reprises par Pie IV, que le Pape ne peut se choisir lui-même ni un successeur ni un coadjuteur avec droit de future succession, et que, s'il l'osait, ce serait de sa part une tentative téméraire et criminelle ^ Nous avons là une condamnation autorisée de la conduite de Félix IV, et un tel langage dans la bouche du vicaire de Jésus-Christ donne clairement à entendre que la nomination du prochain Pape parle Pape vivant contredit non seulement le droit ecclésiastique, mais le droit divin lui-même.
Dieu, observe Cavagnis ^, a chargé le souverain Pontife de gouverner l'Eglise ; il ne l'a pas chargé de choisir celui qui devra la gouverner après lui. Et admirons en cela la sagesse de la divine Providence. Si, en effet, le Pontife romain pouvait lui-même choisir son successeur, à quels abus ce choix ne serait-il pas sujet? Souvent caduc et débile, le vieillard débonnaire pourrait-il toujours se garder des entraînements de l'affection, se protéger et se prémunir contre les ruses de l'ambition et les intrigues de la compétition? N'aurait-il pas le droit de rendre le pouvoir pontifical héréditaire, et l'hérédité, si elle venait à s'établir dans l'Eglise, ne serait-elle pas bientôt une source déplorablement féconde de divisions et de schismes, de scandales et de ruines !
Rien de plus sage, au contraire, que la législation du conclave depuis longtemps en vigueur et si bien faite pour entourer de toutes les garanties possibles l'élection pontificale : législation par laquelle les hommes les plus compétents dans le gouvernement ecclésiastique, libres de toute entrave et de toute