‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 68 sur 227 · Principes de droit public eccl., t. II, pp · texte numérisé non relu

Principes de droit public eccl., t. II, pp

2. C'est bien la même pensée qu'exprimait jadis saint Thomas d'Aquin {Som. théoL, Il-IIae, Q. III, a. 2 ad 2): "Lorsque, dit-il, la gloire de Dieu ou le bien du prochain le demande, on ne doit pas se contenter d'adhérer privément à la vérité divine ; il faut faire de sa foi une affirmation publique." — Pour les laïques donc, selon le degré des besoins et la convenance des situations, c'est un devoir de charité envers le prochain, comme aussi un devoir de piété envers l'Eglise, de coopérer socialement à l'œuvre religieuse.

Le siècle qui vient de finir nous a laissé en ce genre d'inoubliables modèles. Et rien ne saurait être ni plus agréable ni plus instructif que d'en rappeler sommairement les gloires et d'en recueillir précieusement les leçons.

La coopération laïque à l'action de l'Eglise peut prendre une triple forme, et remplir un triple apostolat : l'apostolat de la science et des lettres, l'apostolat de la charité et de la vertu, l'apostolat de la parole et de l'action publique. Or le dixneuvième siècle, — cet âge remarquable oii le bien et le mal se sont livré une lutte si meutrière, — présente à notre admiration d'illustres noms associés à chacune de ces œuvres.

Dans l'ordre apologétique et littéraire, saluons au lendemain de la Révolution deux écrivains de marque, deux artistes de la plume et delà pensée qui, mettant au service de la foi leur temps et leur talent, et plaçant, pour ainsi dire, le nom chrétien sous l'égide de leur renommée, surent reconquérir pour la cause catholique, une partie du prestige qu'elle avait si lamentablement perdu : je veux parler de Joseph de Maistre et de Chateaubriand.

Le premier, au moment d'entreprendre son livre Du Pape'oxoW. devoir s'en excuser en ces termes ^ : "Il pourra paraître surprenant qu'un homme du monde s'attribue le droit de traiter des questions qui, jusqu'à nos jours, ont semblé exclusivement dévolues au zèle et à la science de l'ordre sacerdotal. J'espère néanmoins qu'après avoir pesé les raisons qui m'ont déterminé à me jeter dans cette lice honorable, tout lecteur de bonne volonté les approuvera dans sa conscience et m'absoudra de toute tache d'usurpation. En premier lieu, puisque notre ordre s'est rendu, pendant le dernier siècle, éminemment coupable envers la religion, je ne vois pas pourquoi le même ordre ne fournirait pas aux écrivains ecclésiastiques quelques alliés fidèles qui se rangeraient autour de l'autel pour écarter au moins les téméraires, sans gêner les lévites. . . Une autre considération encore

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