‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 82 sur 227 · I. Somme contre les Gentils, IV · texte numérisé non relu

I. Somme contre les Gentils, IV

Bellarmin et, après lui, d'illustres théologiens catholiques l'ont pensé ; et l'abbé Bougaud, faisant sien ce sentiment, l'a exprimé dans une de ces pages qu'on ne peut se défendre d'admirer, même quand on ne partage pas toutes les idées de l'auteur. Voici les paroles de l'élégant écrivain français^: "Le génie antique avait imaginé que si quelque législateur, inspiré de plus haut, pouvait prendre à la fois ces trois formes sociales (monarchie, aristocratie, démocratie) et les fondre ensemble, il arriverait enfin à la perfection. C'est à ce parti que Jésus-Christ s'arrête. Il prend d'abord la forme monarchique, la forme divine ; il y joint, dans une certaine mesure, les deux formes humaines, la forme aristocratique et la forme démocratique ; il les fond ensemble ; il les corrige l'une par l'autre, et il les mêle avec un tel art, dans des proportions si parfaites, que chacune d'elles y perd ses défauts, ses lacunes, et y trouve des beautés qu'on ne lui avait jamais vues. La forme monarchique y perd son absolutisme ; la forme aristocratique son orgueil, son exclusivisme ; la forme démocratique sa turbulence et ses excès auarchiques. Il en résulte une constitution inconnue jusque-là : une et immuable comme une monarchie, active et ardente comme une démocratie, à la fois simple et très résistante ; d'une délicatesse exquise avec une force invincible ; très humaine par un côté, absolument divine par l'autre ; et dans sa partie humaine qui est la moindre, le modèle idéal, mais jamais atteint, de toutes les constitutions des peuples depuis dix-huit siècles."

Néanmoins, bon nombre de théologiens et de canonistes tant anciens que modernes, ne veulent voir dans la Papauté qu'une monarchie pure et simple, et rejettent sans hésiter le terme de " monarchie tempérée" employé avec complaisance par d'autres auteurs. Au fond, le débat porte moins sur la manière de concevoir le gouvernement de l'Eglise que sur l'exacte notion d'une monarchie absolue.

Dès lors, en etïet, que par ces mots l'on entend toute forme

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