‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 118 sur 199 · Ouv. et endr. cit · texte numérisé non relu

Ouv. et endr. cit

3. Voir Delaporte, La chrétienté ; philosophie catholique de Vhistoire moder. ne, ch. VIII, IX, X, XIX, XX.

sous le règne d'hommes et de chefs si chrétiens, ces nuages ne déchaînèrent la tempête.

Ce jugement, en ce qui regarde le nouvel empire d'Occident, est corroboré par le protestant Hurter dans son histoire si consciencieuse d'Innocent III : "Depuis, écrit-il que Charlemagne avait reçu des mains de Léon III, au milieu des acclamations du peuple, la couronne impériale, et qu'il s'était en même temps déclaré le protecteur de l'Eglise de Rome, et par celle-ci le protecteur de l'Eglise universelle, il régna entre l'Empire et cette dernière une alliauce constante. Tant que cette alliance se maintint, l'un et l'autre s'élevèrent au plus grand éclat de puissance. L'Eglise protégeait l'empire contre cette indépendance absolue qui ne veut tolérer à côte d'elle l'exercice d'aucun droit ; par l'autorité de l'empire, l'Eglise parvint à conquérir dans tous les pays cette existence légale sans laquelle la chrétienté serait tombée à la merci de l'influence dissolvante des opinions, des usages et des tendances diverses de chaque peuple, se serait divisée en autant de sectes que d'individualités nationales, ou bien aurait été livrée à l'arbitraire exclusif et systématique d'une école. Mais, au contraire, la chrétienté se constitua pour embrasser tous les peuples dans la même communauté de sentiments, pour concentrer toute la vie spirituelle au sein de l'Occident, et l'opposer comme un seul homme animé d'une foi énergique à l'Orient qui tendait à la domination du monde par la force juvénile d'une doctrine qui exaltait les passions de l'homme."

Cette appréciation historique des rapports de l'Eglise avec le pouvoir civil a reçu du pape Léon XIII la plus haute confirmation. Voici comment s'exprime ce grand pontife 2 : " Il y a eu un temps où la philosophie de l'Evangile gouvernait les Etats. A cette époque, la puissance de la sagesse chrétienne et sa divine vertu pénétraient les lois, les institutions, les mœurs des peuples,

1. Histoire du Pape Innocent III et de ses contemporains, trad. par A. de S Chéron, 2e éd., t. I, p. III.

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