‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 129 sur 199 · Roui. XIII, 1-7.— Cf. 1 Petr. II · texte numérisé non relu

Roui. XIII, 1-7.— Cf. 1 Petr. II

O est aussi pour, cela que vous payez les impôts; car les princes sont les ministres de Dieu, le servant en cela même. Rendez donc à tous ce qui leur est dû : le tribut à qui vous devez le tribut, Vimpôt à qui voies devez V impôt, la crainte à qui voies devez la crainte, V honneur à qui vous devez Vhonnevr.

Ces paroles expriment admirablement ce qu'est le pouvoir dans la société, quel rôle providentiel il joue, et en quoi et pourquoi on est tenu de lui obéir. Lues et commentées parmi les fidèles, elles ne pouvaient manquer d'inculquer profondément dans les âmes le respect de l'autorité civile, et de toute législation non contraire à la foi ou à la morale.

Aussi l'Empire n'eut-il jamais de plus loyaux ni de plus dévoués sujets que les chrétiens, et ceux-ci, loin de tenter quoi que ce soit contre les formes politiques établies, travaillèrent plutôt à les fortifier, d'abord en priant pour les empereurs et le succès légitime de leurs armes 1, ensuite en donnant l'exemple de toutes les vertus privées et publiques qui sont le plus solide soutien des nations. L'intérêt, comme la conscience, leur en faisait un devoir 2.

C'est même dans ce respect des institutions établies, et dans la crainte de faire surgir de graves perturbations sociales, qu'il faut chercher la raison de la prudente réserve avec laquelle, en général, les chefs de l'Eglise primitive traitèrent la question de l'esclavage. Marchant sur les traces de l'Apôtre, ils s'employèrent sans doute dès le principe à relever le sort des esclaves. Quant au régime lui-même qui faisait de ce cruel servage l'une des parties intégrantes et l'un des éléments organiques du

1. Athenag., Légat, pro christ. 37. — Une antique tradition, mentionnée par Eusèbe, attribue aux prières de soldats baptisés l'orage qui sauva un jour l'armée romaine menacée de périr de soif dans la guerre des Quades (Allard, Hist. des persécutions, t. I, p. 395, 3e éd.) .

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