R. P. Maumus, Lettre à L Univers, 17 mars
très complexes, d'appuyer nos avancés et nos conclusions. Nous suivrons pas à pas les meilleurs auteurs. Parmi les anciens, saint Thomas d'Aquin, dans ses divers ouvrages, nous fournira la clef de solides démonstrations. Les modernes qui ont abordé ces sortes de questions, sont beaucoup plus nombreux : nous consulterons spécialement Bianchi, laparelli, Tarquini, Liber atore, Satolli, Cavagnis, en un mot les représentants les plus autorisés de cette école romaine à laquelle nous avons voué une juste admiration et qui se distingue entre toutes par une si constante et si remarquable sûreté de doctrine. Parmi les auteurs de langue française, Moulart, Duballet et quelques autres nous seront ça et là d'un précieux secours.
Ce n'est pas tout. Au-dessus des théologiens, quelque éminents qu'ils soient, plane le Docteur suprême dont la parole, incisive comme le glaive, et brillante comme le diamant, dirime toutes les querelles et illumine toutes les controverses. Deux pontifes ont surtout jeté une éclatante lumière sur les questions de droit public, Pie IX et Léon XIII, dans leurs nombreuses et admirables encycliques \ — Mais de tous ces documents, celui qui touche de plus près et de la façon la plus actuelle les questions juridiques et sociales, c'est sans contredit l'encyclique Immortelle Dei, véritable code de droit chrétien rédigé par le Chef de l'Eglise avec tout l'atticisme d'une dissertation de Cicéron et toute la précision d'un traité de saint Thomas. Un journal catholique 2, au lendemain de son apparition, l'appelait la "charte d'alliance des grandes choses divines et humaines".
C'est à ces sources que je voudrais puiser la doctrine qu'il me sera donné d'exposer et de défendre du haut de cette chaire. En tirer des enseignements conformes à la foi et aux traditions catholiques, faire jaillir de la parole des Papes les trésors de lu-
1. Il convient, maintenant, d'y ajouter Sa Sainteté Pie X qui, à l'occasion de la rupture du Concordat et de la loi de séparation en France, a si nettement parlé des rapports de l'Eglise et de l'Etat.