Moulart, ouv, et endr. cit
nées sur les ruines de l'empire d'Occident. La monarchie franque surtout, par le baptême providentiel de Clovis, conclut avec le Saint-Siège l'alliance sincère qui a fait de cette puissance, jusqu'à l'époque moderne, le bras droit de l'Eglise et l'orgueil des peuples chrétiens. Léon XIII l'écrivait naguère aux évêques de France : " La très noble nation française, par les grandes choses qu'elle a accomplies dans la paix et dans la guerre, s'est acquis envers l'Eglise catholique, des titres à une reconnaissance immortelle et à une gloire qui ne s'éteindra pas. Embrassant de bonne heure le christianisme à la suite de son roi Clovis, elle eut l'honneur d'être appelée la fille aînée de V Eglise, témoignage et récompense tout ensemble de sa foi et de sa piété " \
Sans doute les mérovingiens, non encore totalement dépouillés de leur barbarie native, portèrent plus d'une fois atteinte aux lois sacrées de l'Eglise ; mais celle-ci, forte de sa haute situation officielle et grâce à une influence chaque jour grandissante, put, sans rompre les liens qui l'unissaient au pouvoir civil, revendiquer la mise en force de sa discipline et le libre usage de ses droits et de son autorité.
Avec la dynastie carlovingienne apparaît l'acte imposant du couronnement royal 2. Cette belle et grave cérémonie montre, mieux que tous les discours, ce que doit être dans la pensée de l'Eglise, et ce qu'était dans l'esprit des rois eux-mêmes, la puissance politique. Le prince faisait d'abord serment d'assurer la paix à l'Eglise de Dieu, de combattre l'iniquité, d:unir dans ses jugements la justice et la miséricorde. Il recevait l'onction sainte ; et, le sacre accompli au milieu des rites les plus solennels, le prélat consécrateur présentait au monarque l'épée royale, lui confiant par là, de la part de Dieu, la mission " de donner force au bon droit, d'écraser les oppresseurs, de défendre et protéger la sainte Eglise de Dieu et les vrais croyants, de