‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 146 sur 199 · Ouv. cit., pp · texte numérisé non relu

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ménager les personnes, à se rendre complice de leurs désordres. Nous l'avouons volontiers, jamais l'Eglise ne pratiquera cette tolérance. Elle veut la paix, mais la paix véritable, celle qui est fondée sur la vérité, la justice et le droit, celle, par conséquent, qui est l'ennemie naturelle de l'erreur, du vice et de la révolte. Elle veut la charité, elle l'impose à tous ses enfants comme le devoir le plus rigoureux de la vie chrétienne.... Mais eu même temps elle sait avertir, menacer, et, au besoin, punir sévèrement. La vraie charité ne consiste pas à laisser se répandre l'erreur qui tue les âmes, mais à en arrêter les progrès, ni à laisser le mal impuni, mais à le réprimer, pour corriger les coupables et préserver les innocents. "

Aussi bien, est-il constant que l'autorité religieuse n'a pas été seule à fulminer contre l'hérésie. Effrayé des dangers que les doctrines hérétiques, subversives non-seulement des dogmes de la foi, mais encore des principes de la morale publique et de l'ordre social, faisaient courir au peuple chrétien, le pouvoir civil jugea sage d'incorporer dans sa législation le code pénal de l'Eglise et d'y ajouter les châtiments extrêmes réservés aux plus graves attentats dont la société puisse être la victime.

C'est ainsi que le code justinien 1 renferme une série de lois, émanées des premiers princes chrétiens, concernant les manichéens, les hérétiques et les apostats. Ces lois dénoncent en des termes d'une singulière vigueur les misérables qui ont trahi la foi du Christ et profané par la superstition le mystère de leur baptême. Les hérétiques de toutes nuances sont privés de leurs principaux droits civils et politiques; et, s'ils s'obstinent à enseigner et à répandre leurs erreurs, ils doivent être punis de mort 2. La même peine capitale est décrétée contre les manichéens 3.

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