Prop
autoriser par des lois et des institutions auxquelles les catholiques se montrent fidèles.
Déjà, dès le treizième siècle, l'Ange de l'Ecole justifiait cette modification apportée au droit chrétien par le raisonnement suivant : " Les gouvernements humains, dit-il \ doivent prendre modèle sur le gouvernement divin, d'où ils dérivent. Or Dieu, quoique d'une puissance et d'une bonté infinies, permet dans le monde certains maux qu'il pourrait empêcher, parce que leur suppression entraînerait la perte de biens précieux, ou serait suivie de maux plus grands. De même, dans les gouvernements humains, la sagesse demande que les souverains tolèrent aussi certains maux pour ne pas empêcher certains biens, ou même pour ne pas donner lieu à des maux plus regrettables ".
Dans quelques contrées, jadis toutes catholiques, le maçonnisme, le protestantisme, et l'infidélité tiennent une si large place qu'un chef d'Etat, en eût-il le courage, ne pourrait rendre à la foi catholique son ancienne primauté sociale sans déchaîner aussitôt de violentes tempêtes et sans exposer l'Eglise et ses ministres aux réactions les plus funestes. C'est à la prudence politique, éclairée des lumières de la foi, qu'il appartient de déterminer la mesure de religion que l'Etat peut porter.
Aussi le Saint-Siège a-t-il déclaré 2 formellement qu'il était permis aux catholiques, moyennant d'essentielles réserves sur la question de principes, de s'engager, même par serment, à respecter les lois de tolérance mises par l'Etat moderne à la base des constitutions libérales. Ces constitutions fonctionnent en plusieurs pays ; les catholiques prêtent aux gouvernements ainsi formés leur concours ; et, lorsque les pouvoirs publics savent contenir la liberté en de certaines limites, il en résulte " un état de choses qui, pratiquement, n'est pas le pire de tous " 3.
Mais quelles sont ces limites nécessaires pour que, comme le