Léon XIII, Lettre aux catholiques français, 16 fev
demande Léon XIII, la liberté "ne dégénère pas jusqu'à la licence et au désordre"? Quelles sont les bornes au delà desquelles la tolérance civile cesse d'être un bien, et ne peut que pousser la société sur la pente de l'abîme? Celles-là mêmes, répond l'illustre Pontife, qu'impose la raison de salut public et de conservation sociale. " La tolérance du mal, appartenant aux principes de la prudence politique, doit être rigoureusement circonscrite dans les limites exigées par sa raison d'être, c'est-àdire par le salut public. C'est pourquoi, dès qu'elle porte préjudice au bien public et qu'elle devient pour l'Etat la cause d'un plus grand mal, il n'est pas permis d'en user" *.
Or, la société se compose d'éléments très variés ; et, s'il y a des choses, des vérités et des pratiques, nécessaires sans doute à sa perfection, mais non à son essence, il en est d'autres sans lesquelles l'ordre social ne saurait subsister 2: tels sont les premiers fondements de la morale naturelle, Dieu, l'âme, la liberté, l'unité du mariage, le caractère inviolable de l'autorité et de la propriété. 44 Aucune époque ne peut se passer de religion, de vérité, de justice." 3 L'Etat doit donc, pour assurer le salut public, empêcher les sectes radicales de propager l'athéisme, le matérialisme, le fatalisme; il doit, par tous les moyens possibles, réprimer les doctrines et les œuvres perverses de la polygamie et du divorce, du socialisme et de l'anarchie. En agir autrement serait 44 la plus grande des impiétés, la plus inhumaine des folies 4. "
Et, puisque nous parlons dans l'hypothèse d'une société chrétienne, c'est encore le devoir des hommes d'Etat, tout en reconnaissant la liberté religieuse, de ne pas permettre que l'on foule aux pieds les dogmes le plus généralement reçus du christianisme, la vérité de la Bible, la divinité du Christ, l'institution