‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 26 sur 199 · Dubailet, t. II, p · texte numérisé non relu

Dubailet, t. II, p

fin de la société filiale. Son devoir, au contraire, est de veiller sur ces sociétés, et de n'intervenir que pour défendre leurs droits, et consolider leur vie, et garantir le libre jeu de leur organisation et de leur action. Là est la clef de tant de questions souverainement importantes et de plus en plus actuelles, surtout dans le domaine de l'éducation.

En vertu des principes déjà établis, le pouvoir de l'Etat se trouve eucore limité par diverses associations écloses spontanément sous le soufïle de la liberté. Telles sont les sociétés humanitaires, scientifiques, industrielles, les compagnies financières, les corporations du monde agricole et ouvrier. "De ce que, écrit Léon XIII *, les sociétés privées n'existent qu'au sein de la société civile dont elles sont comme autant de parties, il ne suit pas, à les considérer dans leur essence et d'une façon générale, qu'il soit au pouvoir de l'Etat de leur dénier la vie. Le droit à l'existence leur a été octroyé par la nature elle-même, et la société civile a été instituée pour protéger le droit naturel, non pour l'anéantir. C'est pourquoi un Etat qui interdirait les associations privées s'attaquerait lui-même, puisque toutes les sociétés, publiques et privées, tirent leur origine d'un même principe, la naturelle sociabilité de l'homme. . . Que l'Etat protège ces sociétés fondées selon le droit ; que toutefois il ne s'immisce point dans leur vie intime, et ne touche point aux ressorts secrets qui en règlent les fonctions: car le mouvement vital naît d'un principe intérieur et s'éteint très facilement sous l'action d'une cause externe". On le voit, quand il s'agit d'associations privées, le rôle de l'Etat consiste à protéger, et à favoriser, ou encore, — ce que le Pape reconnaît volontiers 2, — à prévenir et à réprimer les abus qui seraient un obstacle au bien commun ; mais ce rôle doit s'arrêter là.

Enfin, s'il y a, — et nous savons que cela est, — s'il y a une société chargée par Dieu lui-même de gouverner les âmes, de

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