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unité si bien faite pour reproduire dans les choses spirituelles l'empire indivisible de Dieu sur toute la création, les Livres saints la proclament en termes si formels 1 que de tout temps elle a paru aux esprits non prévenus la marque distinctive la plus frappante de la religion révélée. Elle a été l'étoile polaire du monde religieux et moral ; par ses clartés sereines, ses irradiations projetées de tous les points de l'histoire, elle a révélé aux intelligences avides de lumière, aux Newman, aux Manning et à tant d'autres, le chemin perdu de la vraie Eglise.
Quoi de plus merveilleux que le spectacle de cette société résistant à tous les assauts de l'hérésie et du schisme, à toutes les coalitions du vice et de l'erreur, et conservant intactes à travers toutes les ruines, et toutes les apostasies, la plénitude de son autorité et l'intégrité de son symbole ! Semblable au chêne de la forêt, on dirait qu'elle puise dans les tempêtes elles-mêmes de nouveaux éléments de stabilité et de force.
Jamais peut-être l'unité de l'Eglise n'a resplendi d'un plus vif éclat que depuis le jour, non encore éloigné, où cinq cent quarante-six évêques, assemblés dans l'immense basilique de Saint- Pierre de Rome, acclamaient en la personne du vicaire de Jésus- Christ le Docteur infaillible de l'univers chrétien. Pie IX, répondant à ce solennel hommage, s'écriait: "L'autorité du Pape est grande, mais elle ne détruit pas, elle édifie ; elle n'opprime pas, elle soutient ; elle confirme dans la dignité, elle unit dans la charité ", etc. Que d'efforts tentés, et que de complots ourdis, pour faire mentir cette parole pontificale et pour rompre la chaîne sacrée de l'unité catholique ! La politique s'est alliée à la révolution, la science au rationalisme et au protestantisme ; les arts et les lettres, aux mains d'infâmes malfaiteurs, sont allés jusqu'à flatter les plus vils 'instincts, dans l'espoir de détacher le3 âmes de l'Eglise, de briser la puissance de son sceptre, et d'entamer le roc de sa doctrine. Mais, malgré tout cela, malgré les corruptions de l'art, malgré les révoltes de l'orgueil, malgré
i. Jean, X, 16.
les critiques, malgré les savants, malgré les modernisants, malgré les sectaires, malgré les champions de toute nuance de la libre pensée, voici qu'à cette heure même nous assistons à l'une des manifestations les plus sublimes et les plus grandioses de l'unité de l'Eglise K De toutes les parties du monde, de l'Amérique comme de l'Europe, du fond même de l'Asie où le missionnaire et la sœur franciscaine bravent les fatigues de l'apostolat, des contrées sauvages de l'Afrique où le Père Blanc 2 apporte aux descendants de Cham, dans les larges plis de sa robe, la foi et la liberté, des îles lointaines de l'Océanie sur lesquelles les fils de la France viennent d'arborer le drapeau du sacré Cœur, de partout les pensées et les sympathies se tournent vers Rome. Des foules immenses y affluent. Des centaines d'évêques, de milliers de religieux et de prêtres y accourent pour saluer le Chef auguste de la catholicité, pour le féliciter et l'acclamer dans sa vieillesse féconde, pour déposer à ses pieds l'estime et le respect, l'obéissance et l'amour de deux cent millions de fidèles.
Léon XIII, sous l'auréole jubilaire qui nimbe son front et rayonne sur tout l'univers, c'est à la fois le tableau vivant, la démonstration, et le triomphe de l'unité catholique.
L'Eglise est une : elle est de plus nécessaire. Et cette nécessité n'est, à bien dire, qu'une conséquence logique de son unité qui en fait le seul asile des âmes, le seul royaume fondé et façonné des mains de Dieu pour conduire l'homme à sa fin. On ne peut donc pas, comme le voudraient les indifférents et les sceptiques, la ranger parmi les associations libres 8, nées d'intérêts passagers, et auxquelles il importe peu d'appartenir ou de rester étranger. Elle est la dépositaire des volontés du Sauveur, la continuatrice de sa mission, la dispensatrice de ses grâ-