Conclusion, IV
dre et de châtier ceux qui n'obéissent pas aux lois. Il règle aussi l'usage du pouvoir sacerdotal " 1.
Comme le pouvoir d'ordre, le pouvoir juridictionnel se distribue en différents degrés dont l'ensemble constitue la hiérarchie de juridiction. Cependant de tous ces degrés, deux seulement ont eu l'honneur de l'institution divine, l'un supérieur et universel, l'autre inférieur et particulier. Le premier réside dans le Pontife romain, successeur de saint Pierre ; le second est propre aux évêques, héritiers de l'autorité ordinaire des Apôtres. — Les autres degrés juridictionnels sont d'institution humaine ou ecclésiastique et participent, les uns aux droits primatiaux du souverain Pontife, les autres aux prérogatives du pouvoir épiscopal. A la première catégorie appartiennent les patriarches, primats et métropolitains, les cardinaux, les légats du Pape, les nonces, les vicaires apostoliques, les coadjuteurs et les prélats inférieurs ayant juridiction quasi-épiscopale ; à la seconde se rattachent les vicaires généraux, les archiprêtres, les archidiacres, les vicaires forains.
Nous avons dit que le suprême degré de juridiction religieuse réside dans le Pontife romain.
Cette vérité capitale n'a pas toujours été universellement admise ; et depuis Photius jusqu'à Luther, depuis Luther jusqu'à Doëllinger, combien de fois l'hérésie et le schisme ne se sont-ils pas donné la main pour essayer d'abattre ou du moins d'ébranler l'antique citadelle où siège, dans la plénitude de sa puissance, le vicaire de Jésus Christ ! Photius, distinguant la primauté d'honneur de la primauté de juridiction, ne reconnaissait au Pontife de Rome qu'une préséance honoraire et nominale sur les autres évêques. Luther alla plus loin, et, minant par la base toute autorité, ne voulut plus voir dans l'Eglise du Christ qu'une société égale, c'est-à-dire un assemblage de membres indépendants les uns des autres et de parties disjointes sans pouvoir central, sans tête, sans unité. C'était l'anarchie reli-
i. Duballet, ouv. cit., t. I, p. 248.
gieuse, dont le protestantisme, après avoir soustrait à l'obéissance romaine des nations entières, n'a pas cessé, tout le long de son histoire, d'offrir le triste spectacle.
Un nouvel attentat contre l'unité catholique, et en premier lieu contre la primauté du Pape qui en est le lien nécessaire, se produisit à la suite du concile du Vatican et de la définition du dogme de l'infaillibilité. Doëllinger et quelques amis, groupant autour d'eux certains esprits chagrins que les décisions du Concile avaient atteints dans leur orgueil, tentèrent de fonder, sous l'égide du chancelier d'Allemagne, une église nationale décorée du nom menteur de " Vieux catholicisme ", comme si les Pères du Vatican eussent rompu la chaîne des véritables traditions catholiques. Cette tentative, malgré l'appui des gouvernements d'Allemagne et de Suisse, aboutit à un honteux échec; et le vieux catholicisme, tombé dans le mépris, n'est plus aujourd'hui qu'un chapitre obscur ajouté à l'histoire des révoltes de l'esprit humain.
On raconte qu'au dernier concile œcuménique, pendant la lecture du décret sur la primauté papale voté bientôt par presque tous les membres de l'auguste assemblée, l'orage n'avait cessé de gronder au-dessus de la basilique vaticane. Lorsque Pie IX d'une voix émue acheva la promulgation du dogme, la foudre se tut au dehors, pendant qu'à l'intérieur d'immenses acclamations saluaient la sentence suprême. Au moment du le Deum, le soleil, déchirant la nue, laissa tomber ses rayons sur le visage radieux du Pontife et illumina toute la basilique \ Cette lumière était le symbole des hautes et puissantes clartés dont le dogme de la primauté resplendit, soit dans les pages du Nouveau Testament, soit dans les monuments de la tradition ecclésiastique.
" Les protestants écrit le chan. Audisio 2, nous provoquent l'Evangile en main... acceptons leur défi et ouvrons l'Evangile."