‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 53 sur 199 · Audisio, ouv. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Audisio, ouv. cit., t. II, p

clercs et la classe des laïques, la classe de ceux qui gouvernent et la classe de ceux qui sont gouvernés.

Ces derniers, considérés au point de vue religieux, sont parfaitement égaux entre eux. 77 fi'y a parmi vous, disait saint Paul 1, ni Juifs ni gentils, ni esclave nihotnme libre. . . car vous n'êtes tous qificn en Jésus- Christ. Au pied de la chaire, en présence de l'autel, en face du tribunal où Dieu par son ministre juge et pardonne, les distinctions s'effacent, les rangs se confondent; le riche coudoie le pauvre; l'homme d'Etat se nourrit de la même manne spirituelle que l'homme de peine. Tous jouissent des mêmes droits et sont sujets aux mêmes devoirs.

Ces droits et ces devoirs nous sont connus.

D'une part, puisque l'Eglise avec sa hiérarchie d'ordre et de juridiction a été établie pour le peuple, le peuple peut raisonnablement exiger qu'il soit bien gouverné, qu'on lui communique en temps et lieu tous les secours spirituels, — enseignements, conseils, prières, sacrements, — dont il a besoin pour atteindre sa fin.

D'autre part, c'est son devoir, et un devoir très grave, d'observer fidèlement les préceptes de Dieu et de l'Eglise, de respecter ses pasteurs légitimes, de leur obéir sans prétendre luimême à aucun pouvoir, de puiser dans les trésors de lumière et de grâce mis à sa disposition cette vie morale et surnaturelle qui est la force et l'honneur des consciences.

Toutefois, quoique les laïques ne puissent régulièrement accomplir aucun acte de juridiction ecclésiastique ni aucune fonction cléricale, rien n'empêche que, dans une certaine mesure, ils participent au pouvoir et à l'action de l'Eglise. Ne voit-on pas dans tout corps vivant les membres et les organes subalternes, sous l'impulsion d'organes supérieurs, jouer un rôle effectif et salutaire? De même, les simples fidèles par leurs prières, leur zèle, leur savoir, leur dévouement, peuvent exercer autour d'eux une sorte de sacerdoce; ils peuvent, le père de

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famille dans l'œuvre formatrice de ses enfants, le maître dans les leçons qu'il donne à ses disciples, l'écrivain dans des travaux de défense chrétienne, l'orateur dans les cercles ouvriers ou du haut des tribunes politiques, ils peuvent, dis-je, autant que le permet leur état, prendre une part honorable et prêter un utile concours au magistère sacré et à l'action moralisatrice de l'Eglise.

Ceci est particulièrement vrai aux époques de désorganisation religieuse et sociale, alors que l'Eglise, abandonnée des pouvoirs publics, cherche dans la science et le courage de ses enfanrs l'appui que les sociétés ingrates et aveugles lui refusent. "Si les catholiques, écrit à ce propos Duballet \ en toute hypothèse et dans toutes les circonstances, même sous des gouvernements alliés et amis, doivent s'employer, chacun selon sa position et le degré d'influence qu'il exerce, au bien-être et au soutien du christianisme, ce devoir revêt un caractère plus urgent, plus impérieux, plus indispensable, quand l'accord entre les deux puissances est rompu. De devoir privé il devient devoir public, de devoir individuel il devient social. Quand l'orage gronde, quand la tempête soulève violemment les flots, quand le navire est sur le point de sombrer, ce ne sont pas seulement les marins qui s'éfTorcent de conjurer le péril, mais tous les passagers, les plus étrangers même à cette besogne, qui s'emploient à aider, à plier les voiles, à jeter les ancres et à sauver l'équipage. Ainsi quand le vaisseau de l'Eglise est assailli de toutes parts, le divin Pilote veut que chacun apporte le concours de son bras et de son dévouement" 2.

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