Ibid. X
premier, au milieu de ses frères réunis à Jérusalem, il prit la parole, faisant valoir et prévaloir son avis sur les questions débattues \
Or, cette prééminence de droit et de fait, cette primauté incontestable du chef des Apôtres et, partant, de ses successeurs, entraîne pour les Papes une supériorité juridique non seulement sur les évêques pris isolément, mais sur le corps épiscopal tout entier. Puisque le Pape est la tête de l'Eglise, et qu'il représente aux yeux des peuples la personne même de Notre-Seigneur, et dès lors que tout repose sur la sagesse de sa pensée, la prudence de sa parole et la force de son action, il domine l'episcopat de toute la hauteur d'une autorité à laquelle les autres pouvoirs obéissent et qui elle-même n'obéit qu'à Dieu seul. Les conciles lui ont soumis ; à lui de les convoquer, â lui de les diriger, à lui d'en sanctionner les actes et d'en corroborer les décisions. Le Pape est tout-puissant en dehors des conciles ; les conciles, sans le Pape, ne peuvent juridiquement rien.
Louis Veuillot, répondant à l'article du Correspondant signalé plus haut, écrivait avec un grand sens théologique 2 : " L'infaillibilité, elle existe dans le Pape et dans le Concile, non que le Concile la communique au Pape, la faisant ainsi remonter des membres â la tête, mais parce que le Pape la communique au Concile, la faisant descendre de la tête aux membres. C'est le Pape, la tête de l'Eglise, qui verse l'infaillibilité dans tout le corps sacré ; et cette infaillibilité, il la tient directement de Dieu même par un permanent et perpétuel miracle de sa fonction unique, conformément à la promesse que la sainte Eglise a toujours crue et adorée".
On ne saurait donc, sans un grave écart de langage, et, il faut l'ajouter, sans danger réel d'hérésie, comparer les conciles à des assemblées aristocratiques, partageant, pour ainsi dire, à dose égale avec le Souverain les fonctions et les responsabilités du