‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 75 sur 199 · L'Univers, 15 mars · texte numérisé non relu

L'Univers, 15 mars

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jusqu'à la peine capitale. Il peut encore lever et maintenir une armée chargée de protéger, contre les envahissements du dehors ou les agitations séditieuses dn dedans, l'intégrité du territoire dont il est le souverain.

Certes, hâtons-nous de le dire, les Papes n'ont nullement abusé de ce droit. Ils semblent plutôt avoir pris pour règle d'épargner, autant que possible, à leurs sujets l'impôt du sang ; et, lorsque le malheur des temps les força d'en appeler aux armes, ils le firent, non par esprit de conquête, mais pour maintenir la puissance territoriale de l'Eglise, et, avec elle, l'indépendance pleine et féconde du Saint-Siège. Dans cette appréciation, nous n'exceptons pas même Jules II, dont l'esprit guerrier s'explique par les circonstances spéciales où il vécut. C'est le jugement d'un auteur, à qui personne n'osera dénier l'impartialité, L. Pastor: 1 " Depuis le huitième siècle, écrit cet historien, les Papes n'étaient plus uniquement les vicaires de Jésus-Christ, ils étaient en même temps souverains d'un domaine temporel. A ce titre ils avaient le droit absolu de défendre leur bon droit, même par la force des armes, en cas de nécessité, tout comme les autres souverains. Les grands Papes du moyen âge proprement dit se virent fréquemment obligés d'y avoir recours. Même un saint tel que Léon IX ne se fit aucun scrupule de paraître dans les camps. Notre observation s'applique, bien entendu, uniquement à l'hypothèse, non pas d'une guerre offensive, mais d'une guerre défensive pour le soutien du droit. Or, c'était absolument le cas de Jules IL II est incontestable qu'à son avènement les droits des Etats de l'Eglise étaient outrageusement violés, et que, par la suite, les ennemis du Saint- Siège suivirent à diverses reprises une politique menaçante pour sa liberté. C'était une de ces époques où il faut être ou enclume ou marteau. C'est ce qui donnait à Jules II ce droit d'avoir une politique, de l'afficher et de s'en faire gloire ; les hommes du temps considérèrent la restauration des Etats de l'Eglise

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