Ouv. et endr. cit
sence ou de l'insuffisance de l'autorité civile, et par le besoin même de sa propre conservation et de celle de la société, peut se voir investie. C'est à ce titre qu'aux époques troublées de l'enfance des peuples et de l'invasion barbare, l'usage du glaive et de la force armée put être, entre les mains cléricales, parfaitement légitime.
En dehors de ces cas exceptionnels, le droit de mort semble plutôt l'apanage des puissances politiques. Pour l'Eglise, c'est à la conscience chrétienne qu'elle s'adresse : c'est elle que ses doctrines éclairent ; elle que ses lois dirigent ; elle que ses jugements atteignent ; elle que toute son action tend à détourner du mal et à fortifier dans le bien. Et alors même que cette action contraint le corps, pareille contrainte n'a pour but que d'influer sur l'âme, en la tirant de son sommeil, et en lui imprimant une crainte salutaire. Tels sont les principes qui ont présidé à l'exercice du pouvoir coactif dans la société religieuse, et c'est à cette lumière qu'il faut lire l'histoire parfois si mal comprise et si grossièrement dénaturée du gouvernement ecclésiastique.
Le sceptre spirituel est une crosse avant d'être une verge. Et s'il frappe, c'est pour guérir; s'il blesse, c'est pour faire jaillir des plaies fécondes et de la douleur sanctifiée la foi, le repentir et la vie.